Balcons du Mont-Blanc - 15 au 22 août

Rubrique: Reportages 12 septembre 2020

Rendez-vous était donné au camping de Vallorcine en ce samedi 15 août aux 21 membres de l’équipe Mont-Blanc : 20 humains et un mulet. Jeunes, vieux (c’est-à-dire au-delà de 30 ans..), expérimentés ou pas, venant des 5 coins de la France. Nous allons tenter de vous narrer leurs aventures.

Le camps s’installe

Le camps s'installe
On attend les retardataires ce soir là. Suite à un problème de train, David, Michèle et Gaël arrivent enfin vers 20 heures. Pour faire connaissance, on entame un tour de table avec le jeu des prénoms. S’il y a encore des confusions, elles disparaîtront très vite dès le lendemain.

Cécile, celle qui va guider nos pas et nos roues de joëlette, nous explique le destin qui sera le nôtre les jours prochains : du roulant, du moins roulant, du pas trop roulant, du dénivelé, de la pluie qu’il faudra éviter. La fermeture du camping de Montroc l’a obligée à adapter son parcours. Demain sera la traditionnelle journée d’initiation. Facile, qu’elle disait…

La première nuit s’avère fraîche pour certains. Ils adapteront leur couchage par la suite : double duvet et/ou drap polaire et/ou chaufferettes.

Premier petit déjeuner

Premier petit déjeuner
Pour cause de Covid, Victoire est chargée de nous prendre la température chaque matin. Tout va bien ! Le thermomètre disparaîtra rapidement au fil des jours…

4 équipages constitués de débutants, d’expérimentés et de confirmés vont réviser leur leçons et passer très vite aux travaux pratiques : dépliage, béquillage, montage, débéquillage… Et hop, on est parti. L’objectif de cette journée d’initiation est d’expérimenter toutes les situations : montées, descentes, cailloux plus ou moins gros, racines, virages plus ou moins larges, mais sans trop fatiguer les organismes.

Nous prenons le Chemin des Diligences et le col des Montets. Nous passons devant un troupeau de vaches toutes noires. On apprend que ce sont des vaches d’Hérens, préparées pour le combat des reines. La reine est celle qui imposera sa domination sur les autres. Une véritable institution en Suisse !

Hameau de Tréléchamps avec ses chalets typiques

Notre pause de midi au chalet de Chenavier

"C’est par où qu’on passe ? " se demande Sylvie

"Par où on passe ?" se demande Sylvie...

Benjamin sait choisir ses accompagnatrices !

Nous ne rentrerons pas tard au camping car il faut éviter les gouttes. Raintoday, l’application mobile du téléphone de Cécile, prédit qu’il va pleuvoir sur la zone. Il faut bien admettre que c’est plutôt juste. Nous rentrons donc à temps !

Préparation du repas, vaisselle, tout ça s’organise autour de Philippe notre intendant, roi du curcuma. Ceux qui ne sont pas occupés à l’intendance vont aider les passagers joëlette dans « les gestes de la vie quotidienne » comme on dit.

C’est autour de la table épulaire (la table des repas, j’adore dire des mots compliqués que personne ne comprend, mais rassurez-vous, dans un séjour, il n’y a qu’une seule table, vous pouvez donc zapper l’adjectif !) que Cécile nous briefe.

Demain, nous partons en bivouac. Il nous faut préparer nos affaires pour 2 jours. Les accompagnateurs porteront leur sac à dos et les affaires des passagers joëlette seront transportées par notre cher mulet Mainon, alias Maioui ou Oui-Oui pour les intimes. Il ne faut pas trop le charger, d’autant plus qu’il semble marquer quelques hésitations à avancer. C’est Romane qui va le mener régulièrement pendant le séjour, ferme et délicate à la fois, elle saura s’effacer quand cette tête de mule ne voudra rien entendre.

Il faudra être efficace et motivé car nous aurons 4 bras en moins pour monter à l’alpage de Loriaz. En effet, Philippe et André emmèneront le camion au garage. Depuis quelques temps, le véhicule est poussif et il doit encore servir pour les séjours Haute Maurienne et Corse. Problème d’injection ou d’embrayage, nous le saurons bientôt.

Nous ne partirons pas trop tôt pour laisser passer la pluie qui tombera toute la nuit.

L’équipe réduite monte jusqu’au hameau des Granges pour la pause repas.

Mégane, contrainte d’user du pédalier pour tracter Félix


Soulagement, nous apprenons que le camion n’a rien de grave, juste le limitateur de vitesse enclenché…

Déjà 200 mètres de dénivelé accomplis au pique-nique. Il n’en reste plus que 450 pour atteindre notre lieu de bivouac.

La traditionnelle bâche a laissé la place à un tipi. Les tâches se répartissent. Certains montent le tipi.


D’autres vont chercher de l’eau et du bois pour la soirée au coin du feu.


Faute de fauteuil roulant, on cale Simon Pierre avec tout ce qu’on trouve : sacs, coussins, duvets, tapis… L’équilibre est précaire.

On va trouver un siège beaucoup plus confortable : la chaise percée avec coussin de joëlette pour ne pas tomber dans le trou : siège stable et classieux !

Après le repas, Cécile s’improvise chef de chœur mais… j’ai bien l’impression qu’on ne sera pas prêts pour la kermesse de fin d’année.

Certains dormiront à la belle étoile, tout près du feu. Les duvets auront eu chaud ! Mais quel beau spectacle au lever.

Aujourd’hui, ce sera descente.
Descente ne signifie pas facilité. Il faudra faire preuve de finesse, de tact et d’un peu d’audace aussi !
Nous prenons le chemin sous Loriaz.

Puis nous atteignons la cascade de Nans.
Repas au bord du torrent qui descend du vallon de Bérard.

La nature est généreuse. Nous ramasserons des champignons pour agrémenter les omelettes.

Non, pas ceux-là !


Nous traversons le hameau de la Poya et retrouvons notre camping.

Il est temps pour les plus jeunes d’apprendre les choses de la vie. Les anciens vont se faire un devoir de leur transmettre le secret pour se faire des amis : l’ouverture d’une canette de bière sans décapsuleur ! Clémence et Amélie ne rechignent pas et, consciencieusement, sous l’œil bienveillant de Félix, parviennent à réaliser l’exercice.

Pas question de se relâcher trop longtemps. Demain, nous montons au Col des Posettes. Au programme : montée par la forêt et descente par les cailloux. 800 mètres de dénivelé positif… donc 800 mètres de dénivelé négatif.

A l’arrivée au col, nous formons une haie d’honneur pour souhaiter un bon anniversaire à Gaël. La montée a été rude mais le panorama qui s’offre à nous est splendide.


Pas d’arbre pour attacher Mainon. Pas grave, nous l’attacherons à une joëlette !

Philippe, jamais à court de créativité, a préparé des gâteaux d’anniversaire à la poêle. Nous aurons même droit au champagne ! Merci Benjamin !

La descente, très technique, a bien entamé les forces du groupe.

Qu’à cela ne tienne, à notre retour au camping, André nous paye un coup à boire au bar. Et Philippe nous préparera un repas « réconfort ».

Cécile réussit à faire passer ses choix tout en finesse et fait croire au groupe que celui-ci a lui-même décidé de se lever à 6h15 le lendemain. En effet, demain nous partons pour notre 2ème bivouac. Une partie du groupe va prendre le train des Buets jusqu’aux Houches. Les autres iront en camion et voiture avec le matériel. David est désigné chef du convoi SNCF.

De petit matin, 10 d’entre nous se dirigent vers la gare, dont 3 personnes en fauteuil roulant. Bizarre de remettre un masque que nous avions abandonné depuis quelques jours. A l’aller, comme au retour, lorsque nous montons dans le train, les contrôleurs nous disent que les personnes handicapées ne doivent pas monter. Impossible quoi qu’il en soit de nous en empêcher ! « Est ce qu’ils marchent ? ». On s’en fout, on est dans le train ! Qui plus est, dans le compartiment avec le pictogramme handi !

Arrivés aux Houches et une fois les joëlettes montées, une longue montée nous attend. A la Flatière, Simon Pierre retrouve Hubert, le prêtre qui l’a baptisé. Après ces courtes retrouvailles, la montée reprend.
Selon Cécile, il ne nous reste plus que 3 zigzags… mais à partir d’où ? Un petit zig, ça compte ? Après avoir sué quelques litres d’eau, on arrive aux chalets de Chailloux.

Pique-nique de rêve sous un soleil de plomb face au Mont-Blanc

Une longue sieste réparatrice permettra de récupérer pour le dernier tiers de notre randonnée du jour.

Nous bivouaquons à Plan Benoît, sous les Aiguillettes de Houches. Là encore, bivouac magnifique avec vue sur le Mont Blanc.

Bretagne, oui, mais pas que : Loire, Pays de Loire et Champagne sont aussi sur la photo !

André se fait un plaisir de préparer le barbecue

Comme rien n’est ordinaire dans ce séjour, Victoire nous a concocté un blind test (deviner le titre d’une chanson qu’on diffuse). Les jeunes s’en sortent bien. Les autres un peu moins… forcément, Berthe Sylva et Fréhel n’étaient pas dans la playlist !

Comment détacher ses yeux de ce sublime paysage ? La nuit est étoilée. La montagne laisse apparaître des lumières : celles des gîtes et de ceux qui tentent la montée.
Des rêves dans la tête, c’est ainsi que nous nous endormirons.

Au petit matin


Voilà notre dernier jour de marche. De la descente technique et culturelle !

Pour faire avancer ses troupes, Cécile adopte l’option « histoire locale ». A chaque arrêt, elle nous raconte l’histoire (malheureuse et mouvementée) du sauvetage d’Henry et Vincendon. Cette affaire conduira à la création des secours en montagne. Pour en savoir plus, vous pouvez lire « Naufrage au Mont-Blanc » d’Yves Ballu.

Nous entendons de la musique. Qu’est ce donc ? Le son d’un Büchel, sorte de cor des Alpes allongé et replié.

Pour notre dernier pique-nique, nous nous arrêtons au Lac Noir. Il s’agit d’une grosse mare abritant un écosystème protégé : tritons alpestres, grenouilles, libellules.

De retour au camping, nous retrouvons notre marabout estampillé de notre logo. Thomas, campeur et peintre bohème nous a proposé de le peindre. HCE ne pourra plus jamais passer inaperçu !

Les parents de Simon Pierre nous ont retrouvés également, heureux de voir leur fils heureux.

Après une bière les pieds dans l’eau en guise de récompense, on prépare le repas de gala du soir. Ce sera pâtes Thaï et gâteau d’anniversaire pour Martine.

Avec nos invités, notre traditionnel tour de table dévoile les moments d’émotion que chacun a pu vivre. Ces séjours sont tellement forts !
Ce séjour nous a aussi permis d’approcher une faune variée, locale ou de passage, dont nous avons capturé 2 spécimens.

Mais déjà, on doit organiser le départ de demain.
Pacôme et Romane repartent très tôt vers Nantes. Comme s’il n’était pas assez fatigué, Pacôme joue au foot samedi soir…
Les covoiturages s’organisent. Et Romane, pour terminer la soirée, va poser sa voix sur les notes de sa guitare.

Même s’il est toujours un peu triste de se séparer, tout ce qu’on aura partagé cette semaine va permettre à chacun de recharger ses batteries émotionnelles. En explosant ses repères, en perdant ses habitudes, on réalise que (presque) tout est possible !

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