A propos de l’histoire d’Handi Cap Evasion

Rubrique: Reportages 29 novembre 2018

Quelques moments forts de l’histoire d’Handi Cap Evasion ont été évoqués lors de notre dernière AG. Difficile de tout retracer tant l’histoire de notre association est riche.

Il nous a semblé intéressant d’évoquer le texte écrit par Stéphane Maurice (neveu de Joël Claudel), grâce à qui la belle aventure d’Handi Cap Evasion a débuté. C’est sans aucun doute cette soif de découvertes, cette volonté d’aller voir au-delà des montagnes malgré le handicap qui a tout déclenché :

«  C’est tellement plus beau !

Au bout de mes rêves :
A l’instar de beaucoup de gens j’ai envie de vivre intensément que ce soit dans ma tête ou avec les quelques moyens physiques qui me manquent, et je ne peux m’empêcher de jeter un regard apitoyé sur tous ceux qui ne font rien de leur existence, par manque d’intérêt, d’idée, par apathie tout simplement.
Pour difficile que soit la vie d’une personne handicapée elle peut être étonnamment enrichissante et j’ai toujours voulu aller au bout de mes rêves. Chaque fois que j’ai regardé une montagne, j’ai souhaité aller voir ce qu’il y avait derrière. Et c’est pour ça que Joël a inventé sa drôle de joëlette. Un siège sur une roue qui permet à ceux et à celles qui ne marchent plus, ou difficilement, de se faire brinquebaler dans tous les sentiers. A eux la joie des brûlures du soleil ou du froid, des moustiques et des campements sommaires. A eux aussi les petites fleurs au bord du chemin, le soleil couchant, les matins radieux, les balades en toute amitié.
Pour ma part, je ne peux me séparer d’un appareil respiratoire qu’il faut donc embarquer. Avec un âne pour porter, c’est plus simple, avec un sac à dos, c’est plus sport mais Brigitte Bardot est contente.

Les esclaves en prennent à leur aise :
Parfois le vent m’étouffe à moitié et ça fait rire les copains sans cœur qui se vengent d’avoir un peu transpiré en me promenant. Pour être juste, je me refuse à leur prêter mon appareil respiratoire même quand ils sont à l’agonie. Je ne suis quand même pas responsable de leur manque de forme. Plus romantiques sont les sorties en forêt mais alors les esclaves en prennent trop à leur aise.
J’ai envie aussi de vous parler d’une promenade de santé dans les escaliers et autres chausse-trapes des château Cathares. Ah, l’accessibilité en ce temps-là !
Et s’il m’est arrivé de bivouaquer je peux vous dire qu’alors j’ai regretté mon lit et ma télé. Mais qui ne sait jamais demandé ce qu’il faisait dans la galère. La réponse vous la connaissez, vous savez que « c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ».
{} »

Une autre évocation, importante pour notre association, c’est la revendication du droit au voyage. Le texte de François Souchot écrit sous le nom de Dolsky, au début des années 90 démontre que la joëlette et la création de notre association avec ses projets jugés un peu fous arrivaient au bon moment :

« Il y a 20 ans, voyager était encore un luxe pour quelques personnes handicapées fortunées, et une chose impensable pour la plupart des autres. Par définition, le voyage était réservé aux individus en bonne santé, en pleine possession de leurs moyens physiques. Souvent, celui qui partait au loin dégageait autour de lui une odeur de souffre et d’aventure. Il n’y avait rien de plus opposé à cette image exotique, que celle de la personne handicapée, figée dans une immuable immobilité. Le handicap était un tombeau.
Pour casser cette mentalité rétrograde, il fallut le grand mouvement d’autonomie de la période post-soixante huitarde qui revendiqua un statut social plus digne pour la personne handicapée. Si les combats pour l’égalité durent toujours, depuis, beaucoup de batailles ont été gagnées, et notamment celle du droit aux loisirs. Plus personne aujourd’hui n’oserait affirmer, si toutefois il le pense, qu’une personne handicapée, si elle est clouée dans un fauteuil, doit rester bien tranquillement chez elle et surtout ne pas bouger.
Dès lors que la société (au moins sur le papier) se libérait du regard apitoyé qu’elle portait sur le monde handicapé, beaucoup de changements s’avéraient possibles : finie la culpabilité lorsque nous exigions le droit et l’accessibilité aux transports ; fini également de se regarder soi-même comme un zombie ou comme un être futile et fuyant sa condition, sous le simple prétexte que nous voulions partir ; fini surtout, de se voir interdire la liberté de se mouvoir, qui conditionne toute nos autres libertés. Nous pouvions enfin nous confronter au rêve !
 »
Texte écrit par François Dolsky, écrivain, passager joëlette, en 1992, participant au 1er séjour Maroc organisé avec l’APF Isère.

Et pour ceux qui veulent revoir le montage vidéo réalisé par Anne-Sophie Roche, à l’occasion de notre AG anniversaire, le voici :

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