Handi Cap Evasion

Tour de la Cordillère Huayhuash (Pérou), du 03 au 25 septembre

Rubrique: Pérou 2011 7 novembre 2011

Ce très beau trek, (déjà effectué en 2008 par une équipe Handi Cap Evasion), s’est révélé un peu plus "engagé" que prévu : des malades parmi le groupe, une météo bien hivernale... heureusement, l’équipe était solide et les mauvais souvenirs seront bientôt oubliés pour tous.

Début de l’aventure à Huaraz et acclimatation dans la Cordillère Blanche :

Nous profitons des nouveaux vols Air France Paris-Lima, ce qui raccourcit le voyage. Après l’enchaînement avion, bus de nuit, nous nous retrouvons plongés dans l’ambiance d’Huaraz (le Chamonix péruvien), si sympathique. Le temps d’oublier un peu la fatigue du voyage, nous passons notre première journée sur le sol péruvien à déambuler dans les rues d’Huaraz. Pour ceux qui viennent pour la première fois, c’est le choc des couleurs, des odeurs, du pittoresque. On s’équipe de chapeaux pour le trek, on achète des cartes postales et autres souvenirs... Le petit tour du marché est incontournable.

Avant de poursuivre le voyage, la présentation des principaux acteurs s’impose :
- Olivier, notre accompagnateur français, qui va démontrer ses capacités à gérer n’importe quelle difficulté. Parcourir les sentiers et les pistes défoncées de la Cordillère des Andes de nuit, à moto ou à cheval : il peut le faire !

- Mercedes, notre guide péruvienne, qui a su garder sa sérénité et son sourire malgré tous les problèmes engendrés par cette équipe de gringos :

- Lucas, notre "joker", vivant au Pérou, qui est venu presque par hasard compléter le groupe et qui va devenir rapidement un pilier de l’équipe :

- L’équipe péruvienne : (4 pilotes de joëlettes, 1 cuisinier, des muletiers et leur caravane d’ânes et de mules va s’avérer d’une extrême compétence. Sans eux..., les gringos ne seraient pas allés loin. Voici notre cuisinier Yoder, qui nous a bien régalés et réconfortés :

- Au tour des passagers joëlettes et de notre participant "handi marchant". Vous reconnaîtrez : Michèle, l’emmitouflée, toujours prête à boire un coup, Edgardo, le péruvien, qui ne rate pas une photo, Karine, qui voyage incognito derrière son masque, Cédric, qui devra malheureusement nous abandonner en cours de trek en raison d’une grave pneumonie et Ricardo, capable de casser ses bâtons de marche, de faire des roulés-boulés ou de plonger dans un torrent, toujours avec le sourire :

Après une journée à Huaraz, c’est le départ pour l’acclimatation à l’altitude dans la Cordillère Blanche (Quebrada Rajucolta). Un petit transfert en minibus avant de débuter nos 4 journées de randonnées au dessus de 4000 m. On découvre les sommets, les difficultés de randonner en altitude avec des joëlettes, les conditions difficiles des populations qui vivent à la campagne, les premières fleurs.

On apprécie la beauté des paysages, mais aussi le confort de notre camp. La tente "mess" nous permettra de fêter dignement l’anniversaire de Maud. Il faut dire que les fins d’après-midi vont devenir hivernales (prémices pour la Cordillère Huayhuash !)

Autres prémices : la joëlette à pédalier, utilisée par Edgardo fait des caprices avec 4 explosions de chambres à air dès les premières randonnées :

Le retour à Huaraz se fera à pied. La pluie nous obligera à sortir nos capes juste à l’entrée de la ville.

Départ pour le tour de la Cordillère Huayhuash. Première journée de trek : Quartelhuain (4170m,) col de Canacan (4670m), Janca (4200m) : La nuit a été difficile pour Cédric qui est fiévreux. La décision est rapidement prise : il restera à Huaraz avec Maud et François Il pourra rejoindre le groupe lors de la journée de repos au bord de la lagune de Carhuacocha si son état s’améliore.

Un bus impressionnant attend le reste du groupe pour nous rendre à notre camp de base de Quartelhuain.

Nous apprécions la dextérité du chauffeur pour négocier les virages en épingles à cheveux sur des pistes défoncées et bien pentues. Quelques haltes nécessitées par la pause pique-nique et par le paiement des "péages" aux différentes communautés indiennes traversées et nous voilà, en fin d’après midi, à notre premier camp dans la Cordillère Huayhuash. Mercedes nous présente l’équipe péruvienne, au grand complet cette fois puisque les muletiers et les ânes nous ont rejoints. Certains regardent déjà avec un peu d’appréhension , en direction du col qui nous attend le lendemain. Et c’est parti pour l’ascension du col de Canacan, réputé comme le plus difficile de notre périple. Il mérite bien sa réputation : les roues de joêlette naviguent entre les pierres et les rochers. Notre premier col (d’une série de 9) se mérite !

Une petite pause en haut du col, histoire de reprendre des forces et nous abordons la descente avec plus de sérénité : le sentier sera plutôt roulant jusqu’à notre camp de Janca où nous pouvons apercevoir les premiers sommets enneigés entre deux nuages. Entre temps, la joëlette d’Edgardo a encore déchaussé pour le plus grand plaisir d’Olivier !

Deuxième jour : Janca (4200m), col de Carhuac (4640 m), lagune de Carhuacocha (4150 m) : Cela monte plus lentement que la veille sur un sentier herbeux (on apprécie) !). Nous avons la chance de rencontrer un couple de jeunes français qui décident de nous accompagner pour la journée et nous aident. Belle rencontre avec des enfants en cours de chemin.

Pour le pique-nique au dessus de la lagune de Carhuacocha et en dessous du glacier du Yerupaja Chico, on apprécie notre première pause au soleil. C’est la séance photos devant le glacier ou au dessus de la lagune, avant de descendre vers notre camp au bord de la lagune.

Troisième jour : repos au bord de la lagune. Ce n’est pas tout à fait vrai pour tous les participants car une petite équipe va remonter depuis Queropalca avec la joêlette de Cédric. Ils seront accueillis sous les applaudissements car nous sommes heureux de retrouver Cédric, Maud et François, mais surtout, on mesure bien que les 12 km de montée n’ont pas été faciles !

Pendant ce temps, le reste des troupes va à la pèche, se balade vers la lagune supérieure, fait connaissance avec les habitants... Notre photographe ne rate pas une éclaircie sur le Yérupaja et sur le Yérupaya Chico.

A l’heure du goûter, on peut, enfin, souhaiter , avec un peu de retard l’anniversaire de Cédric. Il était temps : le gâteau allait finir par être rassis !

Quatrième jour : lagune de Carhuacocha(4150m), col de Carnicero (4600m), Huayhuash (4350 m) : Après plusieurs traversées de torrents un peu cahotiques, le sentier s’élève brutalement. Même si c’est plutôt roulant, les équipages ont du mal à progresser. Heureusement, l’ascension finale du col sera moins raide. le ciel bien couvert ne nous permet pas d’apprécier pleinement le passage près de la lagune Huaracocha, avant d’entamer la longue traversée vers Huayhuah où se trouve notre camp. Et bien non, ce n’est pas un grand village mais quelques cabanes isolées dans lesquelles vivent des éleveurs de vaches et de moutons. La grand-mère de 92 ans est toujours là, bon pied, bon œil !

Cinquième jour : Huayhuash (4350 m), Portachuelo de Huyhuash (4785 m), lagune de Viconga (4400 m) : La montée au col du jour (Portachuelo de Huayhuas) s’avère assez roulante, à l’exception d’une traversée de pierrier avec des marches. C’est ensuite une grande descente vers la lagune de Viconga. On aperçoit les glaciers de la belle Cordillère Raura et le Trapecio.On longe la lagune avant une remontée pas très roulante et une descente un peu acrobatique. Séance photos vers une belle cascade avant la récompense du jour tant attendue : la baignade dans les "aguas calientes". Certains ont encore assez d’énergie pour s’offrir une séance spéciale d’étirements :

Sixième jour : laguna de Viconga (4400m), paso de Cuyoc (5020m), Huanacpatay (4350 m) : C’est la grande journée de l’ascension de notre plus haut col. Nous sommes un peu inquiets pour Cédric qui a repris de la fièvre et qui ne veut pas manger. Les autres gringos ont repris de la vigueur et chacun essaie de se motiver pour apporter sa part d’efforts. L’ascension débute par une montée en lacets bien raide mais plutôt roulante. Les muletiers nous rejoignent et nous aident dans la partie finale du col. C’est avec beaucoup d’émotion et tous ensemble que nous atteignons le col de Cuyoc et son glacier. Les photos s’imposent et les péruviens revêtent le tee-shirt HCE pour l’occasion. On mesure la force collective et ce que signifie réellement le mot solidarité.

Les condors s’invitent au sommet comme pour saluer notre exploit pendant que les joëlettes s’élancent dans la descente raide et caillouteuse.

La pause pique-nique se fera sur un plateau herbeux en dessous du magnifique glacier que l’on peut encore admirer tout en dégustant le délicieux "almuerzo" de Yoder. Quelques vigognes se donnent en spectacle. Il ne nous reste plus qu’à descendre et à faire une longue traversée à plat pour rejoindre notre camp de Huanacpatay.

Septième jour : Huanacpatay (4350 m), Huayllapa (3600m) : Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous n’avons qu’une grande descente au programme. Olivier, de plus en plus inquiet par l’état de Cédric décide de descendre à cheval pour trouver une solution d’évacuation vers un centre de soins à partir de Huallapa (le seul village de notre trek avec une piste d’accès).

Pour le reste de l’équipe, la descente bien que cahotique se passe sans grande difficulté. Comme on perd de l’altitude, de nouvelles fleurs bordent le sentier. La vallée est immense et c’est avec soulagement que l’on aperçoit le village de Huayllapa.

Après le repas de midi, Olivier qui n’a pas réussi à joindre les services d’assitance décide de profiter du passage d’un véhicule dans le village pour évacuer Cédric vers le village de Cajatambo. Lucas, qui maîtrise parfaitement l’espagnol, l’accompagne.

L’après midi, nous visitons le village, tous un peu tristes du départ de Cédric. les enfants se montrent très curieux pour nos joëlettes. Les péruviens invitent les français à de premiers échanges footballistiques. Le véritable match devra se dérouler le prochain jour de repos au bord de la lagune de Jahuacocha à plus de 4000 m d’altitude ! Comme l’exercice cela donne soif, on se retrouve tous à la bodega du village pour déguster une cerveza à la lueur des bougies car "la luz se fue" !

Huitième jour : Huayllapa (3600m), Huatiaq (4330m) : Les muletiers vont nous aider dans les rudes montées bien caillouteuses qui dominent Huayllapa. Cette journée est l’inverse de la précédente : on ne fait que monter. Heureusement, nous arrivons très tôt au camp, ce qui nous permet de nous reposer l’après midi. La tente mess est transformée en salle de jeux et les péruviens ne sont pas les derniers à se passionner pour une partie de "saboteur" ou de "cucaracha" !

Neuvième jour : Huatiaq (4330m), Punta Tapush (4760 m), Angocancha (4460 m) : Nous reprenons notre rythme d’un col par jour pour cette neuvième journée. Il s’agit encore d’une journée courte et l’accès au col est bien facilité par la construction d’une piste (destinée à l’exploitation minière) que nous empruntons. Notre caravane ânière a pris depuis 2 jours une allure un peu particulière puisqu’un âne est chargé de transporter la joëlette de Cédric. A l’arrivée au camp, nous faisons connaissance avec des "cousins" du Québec qui s’intéressent à nos joëlettes. Nous ne manquons pas de les inviter à nous aider pour le col du lendemain qui semble un peu rude.

Dixième jour : Angocancha (4460m), Yaucha Punta (4830m), lagune de Jahuacocha (4050m) : La montée de ce 8ème col à presque 5000m s’avère bien raide et caillouteuse. Heureusement, nos amis canadiens ont tenu leurs promesses. Ils nous attendent pour nous aider. Il faut croire qu’ils sont en forme car les joëlettes sont tirées vers le haut du col en un temps record : moins de 2 H00 pour faire presque 700 m de dénivelé dans des cailloux ! Au sommet, l’émotion est une nouvelle fois présente : on s’embrasse et on se photographie. Les condors passent au dessus du col pour nous saluer.

La descente sur la lagune Jahuacocha n’est qu’une formalité, même s’il faut rester vigilant à cause de la pente impressionnante et du terrain glissant par endroits. La vue sur les lagunes et sur notre camp nous encourage.

Pour atteindre les tentes, il faut encore traverser le torrent. C’est l’option avec ou sans chaussures ! Thibaud et René auront encore assez d’énergie pour plonger dans la lagune à l’arrivée !

Onzième jour : repos près de la lagune de Jahuacocha : Nous sommes un peu rassurés pour Cédric. Olivier nous a rejoint à cheval, dans la nuit et nous a confirmé son hospitalisation à Lima dans une bonne clinique. Lucas est resté au près de lui.

Les activités de la journée s’annoncent variées, pèche à la truite, balade au bord des lagunes, observation des oiseaux,...

L’évènement le plus attendu est la fameuse partie de foot Pérou-France. Depuis la veille les capitaines d’équipe ont négocié les conditions et l’enjeu de la victoire : une caisse de bière achetée à un habitant proche du camp. Tout est prêt : les supporters, les drapeaux, l’arbitre... La victoire sera attribuée aux français, contre toute attente. Il faut dire que Maud est impressionnante en gardienne de but et qu’Elodie a marqué 2 buts . Bravo les filles !

C’est notre dernière soirée avec nos amis péruviens. On se partage la fameuse caisse de bière pendant que chacun évoque ce qui a été important pour lui durant ce trek. Les péruviens se disent honorés d’avoir participé à ce trek si particulier pour eux. Ils nous remercient pour l’ambiance très fraternelle et très chaleureuse. Ils se montrent inquiets aussi pour la santé de Cédric. Les français remercient beaucoup les péruviens. Qu’ils soient guide, muletiers, cuisiniers ou pilotes de joëlette, cette belle aventure n’a été possible que grâce à eux... Pour la première fois du trek, le soleil couchant est rose : du beau temps pour demain ?

Douzième et dernière journée du trek : Lagune de Jahuacocha (4050m), col de Macrash Punta (4270m), LLamac (3300m) :

Il fait effectivement très beau pour cette dernière journée de trek. C’est notre première journée de vrai ciel bleu. Les montagnes sont étincellantes. Après une longue traversée à plat ou en descente, l’ascension de notre neuvième col est bien rude avec une belle traversée de forêt de quenouals et plusieurs passages rocheux. On s’éloigne progressivement des montagnes que l’on quitte au col. La descente sur LLamac se fait en courant (1000m de chemin avec des marches, rochers et cailloux !). Nous arrivons à LLamac en début d’après midi. Une surprise nous attend : notre bus est bloqué avant Chiquian en raison d’une grève et de manifestations. Il faudra patienter plusieurs heures et nous serons de retour à Huaraz vers 23H00.

Deux derniers journées à Huaraz et repos au bord de l’océan à Lima avant de prendre l’avion : On retrouve pour 2 jours l’ambiance si particulière d’Huaraz. Ici c’est l’arrivée du printemps, marquée par de nombreuses festivités : défilé de chars, groupes folkloriques, manifestations d’enfants pour la paix...

Mercedes nous conduit sur les hauteurs d’Huaraz pour déguster la fameuse "pacha manca", plat traditionnel des Incas. La nôtre sera particulièrement riche et savoureuse : pommes de terre, patates douces, fèves, maïs, oca, morceaux de poulet et d’agneau marinés et cuits dans des feuilles de maïs. Tout a été cuit à l’étouffé dans un four spécial avec des pierres chaudes. Un délice !

Dernière journée à Lima : on retrouve Cécile et Simone parties la veille pour voir Cédric et surtout Lucas, présent à ses côtés depuis plus d’une semaine. Cédric va un peu mieux, mais il devra encore patienter pendant de longues semaines d’hospitalisation à Lima avant de retrouver la France. Sa mère viendra le rejoindre avant notre départ.

Au programme de cette dernière journée péruvienne avant de prendre l’avion : balades au bord de l’océan Pacifique, siestes, jeux de ballon, et surtout dégustation d’un délicieux "ceviche", spécialité péruvienne à base de poisson et de fruits de mer. Un délice !

L’aventure péruvienne est terminée. Un grand bravo à tous les participants. Et oui : il a fallu la mériter cette belle Cordillère Huayhuash !

Merci à l’équipe péruvienne de grande qualité, sans laquelle rien n’aurait été possible.

Merci à Olivier pour ses décisions clairvoyantes et son extraordinaire capacité à gérer les situations difficiles.

Merci à Lucas pour sa participation exceptionnelle et surtout pour avoir soutenu et accompagné Cédric pendant de longues semaine à Lima.

A ce jour (07 novembre), Cédric est enfin rapatrié et hospitalisé en France. Nous lui souhaitons tous un prompt rétablissement.

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