Séjour de la Haute Ubaye - août 2025

22 septembre Reportages

La Haute Ubaye est un pays perdu, un peu étrange, coincé entre France
et Italie, un cul de sac qui semble aller nulle part...

Rendez-vous à Fouillouse -Jour 1- samedi soir : Dans la douceur de cette fin de journée, le groupe est joyeux, les visages rayonnants et l’on fait connaissance, autour d’une table où l’abondance des mets apportés par chacun est impressionnante : quand il n’y en a plu, il y en a encore. Au bout de 2h, nous avons l’impression de tous nous connaître. Willy et Luc, nos Accompagnateurs Moyenne Montagne, instaurent tout de suite un climat de confiance, de respect et de solidarité entre tous les participants.

Jour 2, dimanche : Après un échauffement musculaire ou une incantation à la terre, les pilotes cherchent une joëlette et attendent le départ en direction du bois d’Eyssiloun.

Eh c’est parti !!!

Willy nous prépare un petit parcours sportif et technique pour valider la manipulation de la joëlette lors de notre retour des alpages. Tout le monde se prête au jeu, conscient que cet entraînement n’est que l’avant-goût d’une réalité future bien plus engagée.

Jour 3, lundi :
On monte…

On monte toujours (avec vue sur plusieurs pairs de mollets biens musclés et prêts à en découdre).

On monte toujours et encore ! Mais « que la montagne est belle » dirait Ferrat.

Le moral des troupes est au plus haut, indéfectible. Un bloc de volonté grimpe les 700m de dénivelé prévu jusqu’au refuge du Chambeyron. Nous allons dormir en contre-bas, à côté du lac.
Notre premier bivouac est digne d’un hôtel 4 étoiles mais il manquait le chauffage !
Nous montons le camp pendant que Jean-Paul nous prépare à manger et que Charlot (notre âne) se roule avec joie dans la terre.
Et où allons-nous dormir au juste ? Et bien sous des tarps ! De simples bâches qui vont nous protéger de l’humidité et du vent.

Jour 4, mardi : Le soleil nous accueille au petit matin. Les yeux encore endormis croient à un rêve infini. La linaigrette danse dans le vent et le sommet du Chambeyron nous surveille de son air narquois.

Après un petit déjeuner frugal nous continuons notre ascension en direction du Lac Long.

Et on monte toujours et encore !

Avec quelques passages techniques où tous les accompagnants se mobilisent pour faire passer les joëlettes une par une.

Arrivés au lac, nous faisons une pause « graines » tant attendue par l’ensemble de l’équipe afin de refaire le plein d’énergie en milieu de matinée.

D’autres se baignent.
Puis nous redescendons car la pluie se fait menaçante. Elle nous forcera à faire une journée de pause le lendemain, avec transfert du camp de base dans une autre vallée (Maljasset) et après-midi jeux de sociétés, musique et soirée autour d’un feu de camp.

Jour 6, jeudi : Nous montons en direction des Bergeries de Mary, non loin de la frontière italienne.
Après une montée raide dans les genévriers, un rocher fait la joie des grimpeurs et des observateurs.

Guillaume et Enzo nous régalent de leur musique. L’air des deux flutes nous enveloppe et nous fait voyager au-delà du paysage.
L’arrivée au dernier bivouac est majestueuse mais très vite la pluie s’invite à nouveau. Les forces se mobilisent pour nous trouver un abri de fortune.

La pluie va tambouriner une bonne heure, mais va nous permettre de nous rapprocher encore plus et de nouer des discussions assez intimes parfois, pour tromper le temps.

Et bien sûr, on rigole beaucoup beaucoup beaucoup. Ce tarp sous lequel nous chantons et racontons des souvenirs de jeunesse, toutes tranches d’âge confondues, nous réchauffe.

Jean-Paul, malgré l’acharnement de la météo, continue de cuisiner avec sourire et patience. On lui dédie la palme du « Meilleur cuisinier de l’extrême ».

Jour 6, vendredi : Ce séjour se terminant par une soirée plus qu’humide a épuisé les forces vives qui mettent un temps fou à quitter le camp le lendemain matin, malgré le dîner généreux que nous avons eu après le déluge : spaghettis aux protéines de soja, soupe, moelleux au chocolat et crème anglaise.

C’est alors que nos trois benjamins, impatients d’en découdre une dernière fois, puisant probablement leur énergie dans leur jeunesse, ont l’idée de rentrer au camp en courant. Avec l’accord de Willy, Ils proposent un retour « rock and roll » : lecture de piste efficace, réactivité du pilote arrière, parade de cabri. Marie-Christine vole, saute, rit et retrouve sa jeunesse de casse-cou.

La redescente vers le camp s’accompagne également d’une visite de la carrière de serpentinite, pierre verte polie par endroit, ayant servie à construire de grands monuments.
Une autre surprise agrémente également la descente : l’une des joëlettes se brise au niveau du brancard arrière, dans un passage très technique avec des marches de 1m. Heureusement, la panne est vite réparée grâce à un bricolage de fortune qui va nous permettre de rejoindre le camp de base sans trop de difficultés, bien qu’un léger inconfort puisse être ressenti par l’ensemble de l’équipage.

Toute chose ayant une fin, après avoir rangé le camp, nous terminons la soirée qui clôt également le séjour, par une belle et chaleureuse veillée de chansons, danse fauteuil (oui pour HCE rien n’est impossible !) et musique.

Ce fut le séjour des superlatifs : Warriors, super women, super intendant, émotions fortes et intenses, paysages grandioses, amour, solidarité, détermination, volonté, super bonne humeur, tolérance, confiance.
Cette parenthèse enchantée nous aura boostés moralement et réchauffé le cœur. Nourris par cette joie de vivre et « pommadés » par cette bienveillance nous allons continuer notre route en gardant tous les visages dans nos mémoires.

Merci aux accompagnateurs, toujours au taquet, au cuisinier qui nous a gâtés, au Mac Gyver du camp, aux musiciens qui ont enchanté le séjour. Merci à Willy et Luc, calmes et attentifs, d’avoir fait en sorte que l’alchimie prenne et que la bonne humeur soit présente quelle que fut la situation.
Notre « magicien surprise » y est peut- être pour quelque chose ?

Merci à toute l’équipe. Ce séjour redonne foi en l’humanité. La solidarité et l’altruisme existent toujours sur cette terre !!! Et en plus, spoiler alerte, être plongé dans le collectif et participer à la réalisation de quelque chose qui nous dépasse, ça rend heureux. Vraiment heureux.

Les pilotes ont tout donné pour nous monter jusqu’à des paysages paradisiaques et nous faire partager leur passion.
POUR FINIR, MERCI A LA MONTAGNE DE NOUS AVOIR ACCUEILLIS