Du Pérou au Vercors

17 septembre Reportages

J0 Samedi 22 mai 2021

Il est 17h, la fine équipe péruvienne se retrouve à la Chapelle-en-Vercors chez Jean-Mie et Marie-Christine qui nous accueillent. L’heure est aux retrouvailles et à l’affairement : il faut préparer les sacs, retrouver ses affaires, les trier... le tout au soleil, avec bonne humeur, ce qui met la motivation à bloc !

L’équipe est là, entre ceux du tout début, ceux qui sont arrivés, avec une pensée pour ceux qui sont partis, ou arrivés puis partis. Sont présents Céline, Claire, Christian, Christophe, Livia, Noémi, Rose, Tim, Thomas, Valentin et Vincent en accompagnateurs de nos passagers joëlette Anne, Catherine, Marie-Christine et Mathieu et de Lénaïk, handi marchante, toujours devant. Cécile et Jean-Mie nous orchestreront le séjour et nous serons accompagnés par Charlot. Soit 13 accompagnants pour 4 joëlettes et Lénaïk, sans compter Charlot… Le défi est de taille mais rien ne fait peur à une équipe qui a été prête à partir à l’autre du bout du monde par 5000 m d’altitude.

Les consignes sanitaires sont données par Cécile : 2 équipes de joëlettes séparées de quelques mètres, des repas en groupes à distance, lavages de mains fréquents...
La suite ? Le programme : le tour du Vercors... repéré comme ça a été possible avec les dernières conditions météo. En gros : tout est repéré, la seule variable hasardeuse sera la présence de neige sur les hauts plateaux ou non ! Mais, on y va, on verra !

Mais vite il nous faut nous mettre à table et prendre des forces avant notre rendez-vous virtuel avec Claire, en direct de Cuzco, qui nous a permis une visite virtuelle de la ville, un récapitulatif historique de l’histoire ainsi que l’explication de la difficile vie quotidienne au Pérou, les problèmes d’accès à l’éducation, à la santé...


J1 Dimanche 23 mai (18 km, D+880m D-590)

Réveil à 7h30, on fignole les sacs, on partage un solide petit déjeuner avant de quitter la Chapelle-en-Vercors. Bien évidemment, de la grimpette ! Nous montons jusqu’au Belvedère du Révoulat, avec une splendide vue à 360° sur le Vercors. Nous redescendons afin de piquer niquer, avant de remonter jusqu’au col de Caramantran. Le retour semble interminable mais nous arrivons enfin à notre premier lieu de repos après une petite journée de mise en jambe de 18km pour 880m de dénivelé positif et 590 de négatif. Nous nous initions au premier montage du tipi, qui deviendra par la suite un geste automatique ! Le repas se fait dans la foulée et l’équipage file dans son duvet, les uns sous tente, les autres sous le tipi, d’autres à la belle.







J2 Lundi 24 mai (13 km - D+385 m D-299)

La nuit a été récupératrice. Mais pas pour tout le monde. Une nuit sous tipi à HCE, c’est le partage, la découverte de l’autre… et de ses ronflements ! Premiers réveils, rangement, petit déjeuner, repli du camp… autres habitudes qui s’ancreront tout au long du séjour.

La journée s’annonce magnifique, nous nous mettons en route en direction du col de la Baume. Pique-nique, café/thé, chocolat, sieste… les habitudes HCE se remettent en place ! Nous continuons notre petite journée en direction de Malatra, notre prochain lieu de camping.

L’arrivée est difficile, il est clair que le Vercors n’est pas plat et que nous manquons un peu de monde. Le repas est bienvenu et se termine par une belle nouvelle, l’arrivée de Tim dans la soirée pour continuer l’aventure avec nous.




J3 Mardi 25 mai (18 km, +500 m, -500m)

Une bonne nuit pour tout le monde, les ronfleurs ont été identifiés. Le départ est plus tranquille : nous reviendrons au même lieu de campement, nous n’avons qu’à dépiquer les tentes pour dégager la zone et nous laissons le tipi ! Le programme du jour ? Le tour du plateau d’Ambel !

La journée commence dans de magnifiques sous-bois, à la recherche du chemin, toujours montant, ou presque ! La pause s’instaure d’elle-même à l’entrée du plateau, et se couple à une activité bricolage de démontage/remontage de barbelés. Nous suivons Christian de près… La montée reprend de plus belle, en pleine prairie. Chacun est occupé à la joëlette, les plus forts devant. Nous arrivons tranquillement sur notre lieu de pique-nique, que nous essayons au maximum de protéger du vent. Le soleil est toujours là, franc, beau, chaud. Le tapis de fleurs est propice à une longue sieste.

Nous repartons, reposés, quelques mètres suffisent jusqu’à un magnifique point de vue au bord du plateau sur l’ensemble de la vallée et sur les montagnes alentour. Après s’en être mis plein les mirettes, nous continuons notre visite « touristique » du coin en découvrant une particularité : les scialets, gouffres spécifiques du Vercors. Nous accédons aux entrailles de la Terre de manière technico-ludique !




J4 Mercredi 26 mai (17 km, D+700 m , D-790 m)

Nous quittons pour de bon Malatra pour une journée qui s’annonce pêchue ! Nous démarrons dans de magnifiques sous-bois, mais dotés d’un sacré raidillon. Joëlette par joëlette, on finit par avancer doucement… sauf Anne, qui décidément est abonnée aux chutes ! Les pas se suivent, pas de la Ferrière, pas de l’Infernet, l’ascension se poursuit, doucement mais sûrement. Des vautours nous offrent également la vue de leur ballet et du plaisir avec lequel ils profitent des courants par cette chaude journée au-dessus des rochers.

Mais il est temps de continuer, encore du dénivelé, mais négatif cette fois. Nous descendons sur la station de Fond d’Urle le temps d’une longue descente. Nous sommes surpris de retrouver la civilisation mais pour beaucoup nous sommes hypnotisés par une sorte de mirage : un camion blanc, qui signifierait l’arrivée de la pause déjeuner ! Mais non, le repas ne se fera pas ici. Ça sera « 100m plus loin, à 10 minutes ». Ici, les chiffres sont toujours à préciser. 100 m de distance ou 100 m de dénivelé ? La faim nous pousse à arriver en moins de 10 minutes. Nous pouvons nous installer sur des coussins naturels en pierre pour un pique-nique vite avalé : on n’est pas là pour acheter du terrain ! Pas de sieste pour aujourd’hui, nous sommes encore loin du campement. Les pieds encore tout chauffés, nous repartons en laissant au camion Thomas et Catherine qui n’avaient prévu de faire que le début du séjour. C’est encore le cœur tout chaud des au-revoir que nous continuons notre route.

C’est là qu’il faut comprendre. Priver une équipe HCE d’une sieste, c’est ouvrir la porte à l’euphorie. Christian recherche le frais sur les plaques de neige résiduelles, pendant que Charlot fait les frais des plaisanteries de certains. Chemin faisant nous passons au Pot de la Croix, au pied du Puy de la Gagere, au col de Font Payanne. La route forestière est longue et est propice à l’ambiance de l’après-midi…courses, bravades…Nous arrivons à 19h à la clairière du Grand Sagnat. Nous reprenons nos habitudes : montage du tipi, montage du camp, repas…et bonne nuit récupératrice après cette longue journée !




J5 Jeudi 27 mai (11 km, D+400m D-480m)

Aujourd’hui, journée récup’, une vraie ! Après une petite grasse matinée, la petite équipe se met en marche vers 10h en direction de la combe de Gaza. Nous arrêtons sur le chemin pour observer les belles vues qui s’offrent à nous, la montée est rapide pour pouvoir profiter enfin d’une pause pique-nique royale où nous avons la possibilité de nous rattraper de notre frustration de la veille : nous avons le droit de dormir avant et après manger ! La sieste face au Grand Veymont est bien appréciée.

Nous nous mettons doucement en route pour arriver tôt à notre prochain lieu de repos, à 17h à la Cabane Forestière du Plainet. Toujours respectueux de la législation, nous plantons notre tipi à côté du panneau d’interdiction de camper. On ne respecte plus rien à HCE ! Et nous poussons même le vice à installer la table, les bancs, le grand jeu, quoi ! Avec la question du jour pour préparer les 5 jours en bivouac : à combien tient-on au maximum dans un tipi ? Dans quel sens ? Et si on faisait des lits superposés ?

La soirée se passe à grands coups de fou-rires, entre des histoires alambiquées de mexicain sur un séjour Péruvien et de choix de nappe. C’est sans compter la passion sans borne de Mat’Mat’ pour le tracteur du forestier du coin, accompagné de ses Mat’Mat’ Boys !




J6 Vendredi 28 mai (12 km – D+450m)

Le lever et le rangement est toujours efficace. De toutes manières, aujourd’hui, nous sommes remontés à bloc pour l’étape de ce soir : depuis quelques jours, Cécile nous a vendu une nuit à l’hôtel, chez Georgette, afin de pouvoir changer quelques affaires pour partir en itinérance sans le camion et de pouvoir prendre au moins une petite douche. L’imagination va bon train, espérant lits moelleux, piscine, sauna…sous l’œil un peu inquiet de Cécile qui ne sait plus comment arrêter le train des esprits en marche !

C’est ainsi que nous montons assez rapidement au col de Vassieux. Le Vercors, c’est finalement une succession de vues splendides. Après cette petite pause graines, nous montons au But de l’Aiglette, notre lieu de pique-nique. Nous continuons de monter jusqu’au Col de Chironne.

Nous retrouvons pour une dernière fois le camion au Col Saint Alexis pour décharger Charlot, récupérer quelques voitures avant d’entamer une bien longue descente bien technique et raide en sous-bois pour descendre jusqu’à Rousset-en-Vercors. Marches, arbres en travers, chemin étroit…L’hôtel, ça se paie !

Nous arrivons à ce gîte fourbus mais heureux, et nous avons peine à reconnaître Claire et Rose, arrivées avec le camion et qui ont déchargé les affaires, mais qui sont propres et douchées. L’ambiance est au repos, limonade, installation, le plaisir d’une douche chaude. Le sauna et la piscine olympiques n’y sont pas mais le bonheur d’avoir lit, douche, tables, et eau chaude est déjà tellement intense. Et cerise sur le gâteau, nous avons ce soir la visite d’Audrey, initialement prévue sur le séjour, avec son sourire radieux et son petit bidou de 6 mois… Les retrouvailles sont chaleureuses, augmentées par la joie de la savoir avec nous sur le trajet demain. Nous profitons de la soirée, et d’un vrai lit. Demain, nous partons pour 5 jours d’itinérance.


J7 Samedi 29 mai (6 km, D+400m D-50)

La nuit a été franchement récupératrice mais il faut l’avouer, l’intensité des 5 premiers jours n’a pas laissé l’équipe totalement indemne ! Même si nous avons du renfort grâce à Céline, une amie de Noémi, venue nous donner un petit coup de main de quelques jours, voyant l’équipe se préparer à grands renforts de strappings, de séances d’hostilopathie pour des dos douloureux ou des genoux en vrac, Cécile et Jean-Mie adaptent : nous monterons avec les véhicules de Tim, Audrey et avec le camion jusqu’au Col du Rousset, ce qui nous évitera 400 m de dénivelé positif sur la matinée. Jean-Mie et Christian mèneront Charlot par la combe, ce qui leur fera un trajet de 2h pour nous retrouver. C’est sans compter les indications pas forcément évidentes à saisir que l’on a eu au gîte… après quelques jours, quelques détours et quelques difficultés avec Charlot, nous les retrouvons au pas des Econdus pour le déjeuner.

Pendant ce temps, le trajet n’a pas été de tout repos pour l’équipe de joëlettes malgré le trajet en voiture : amputée de 2 éléments masculins, l’équipage majoritairement féminin doit continuer tout de même de monter les 350 km de dénivelé ! Et le réussit haut la main. Cet effort n’empêche pas les plus courageuses de débéquiller à nouveau pour aller observer les fleurs à l’heure de la sieste et pour d’autres de soigner un petit bobo sur le sabot de notre brave Charlot.

L’arrivée se fait tôt à la cabane du Pré Peyret où nous sommes accueillis joyeusement par quelques bouquetins qui ne semblent pas être dérangés par la présence humaine et qui jouent avec bonheur sous le regard de leur père.

Audrey se lance dans la coiffure au plus grand plaisir de Lenaïk qui aura des tresses impeccables jusqu’à la fin du séjour, certains se lancent dans du bucheronnage pour la préparation du repas du soir pendant que Mat’Mat est opéré à genou ouvert d’un bobo. Le repas se fait au chaud dans la cabane.


J8 Dimanche 30 mai (7 km, D+150m D-150m)

Nous partons pour une journée sportive en direction enfin des hauts-plateaux du Vercors. Nous montons par le col du Pison. Mais le début de journée commence déjà fort. Charlot a quelques difficultés avec son bât, trop chargé, qui part dans tous les sens. Nous devons le débâter et nous l’allégeons en prenant quelques petites choses sur nos sacs à dos. La question du jour sera de savoir qui est bâté le plus lourd : Charlot ou Jean-Mie ?

Nous découvrons une autre facette du Vercors, celle un peu plus minérale. A savoir que ça caillasse dur. Et tout du long. « Avec Air Caillasse, ça secoue mais au moins ça vole. Pas de chute avec Air Caillasse ». Nous arrivons à la bergerie du jas neuf pour un pique-nique et une sieste salutaires. Ainsi qu’une bonne nouvelle : Audrey pensait redescendre repartir et finalement se rend compte que le bon air en montagne, pour une femme enceinte, il n’y a rien de mieux ! Elle continuera le chemin avec nous. Elle accompagnera souvent Lenaïk, qui jusqu’ici se retrouvait un peu en solitaire dans les montées, l’équipe étant aux joëlettes. En revanche, c’est Céline qui nous quitte après une journée et demie de joyeux efforts, épuisée par la découverte de la joëlette.

L’après-midi, plutôt en descente, est aussi caillasseuse que la matinée, autant s’y faire. Nous arrivons assez tôt à la cabane de Chaumailloux, notre prochain lieu de bivouac. Nous allons un peu plus loin pour nous imprégner de l’histoire du lieu : cette cabane se trouve à côté du Mémorial du Pas de l’Aiguille, où des maquisards ont été bombardés par l’armée nazie dans une grotte naturelle du Pas de l’Aiguille à une sombre époque de l’histoire. Ce mémorial et ce souvenir tranche avec la beauté naturelle des lieux, donnant une somptueuse vue sur le Mont Aiguille. C’est un aussi un coin à bouquetins : ébahis, nous évoluons à proximité non pas de 2 ou 3 bouquetins, mais bien d’un troupeau de 20 à 30 qui ne semblent pas eux non plus, gênés par notre présence, nous passant tout à côté lorsque nous revenons de la source.





J9 Lundi 31 mai (15 km D+300m D-660 m)

C’est encore une belle journée pour apprécier les cailloux du coin. Nous avions presque oublié ceux de la veille que nous retombons dessus en quittant Chaumailloux. Là, ce ne sont plus les bouquetins qui nous offrent le spectacle, mais les marmottes, aussi sociables que ces derniers ! La matinée est longue, nous parcourons un beau dénivelé positif, nous hésitons sur les chemins : rester dans la vallée ? Recouper plus haut ? Bref, un peu de tourisme et de montées pour arriver à la plaine de la Queyrie et à l’arbre coupé, qui nous protège d’un soleil de plomb en attendant le reste de l’équipe pour décider de la marche à suivre pour la suite : il est midi et nous sommes fatigués mais nous souhaitons tous manger tout en haut pour profiter de la vue. Il doit donc être 14h lorsque nous arrivons à notre lieu de pique-nique, royal : face à la grandeur du Grand Veymont, imposant.

Nous repartons par le pas des Chattons, dont le nom est impérissable. Il porte son nom car il paraît que seul un chaton peut y passer. Nous pouvons vous le confirmer : ça secoue, mais une joëlette passe aussi ! En bas, nous trouvons encore un peu de neige. Ça s’enfonce mais bon, en courant, ça le fait.

Fatigués et un peu tard, nous faisons une petite halte, en tâchant de nous protéger de la pluie qui vient de s’inviter : juste le temps de laisser Cécile aller à la source chercher non seulement de l’eau mais surtout notre bidon avec les ingrédients du repas du soir, non sans inquiétude qu’il ait été abîmé par les renards ou autres. Bonne nouvelle : nous mangerons ce soir, et pas que du pain. C’est un peu fourbus que nous arrivons presque en même temps que Jean-Mie à la fontaine de la Chau où nous bivouaquerons, avec le luxe de quelques bancs confectionnés avec quelques planches de bois et des auges. Nous ne tardons pas à aller nous coucher sous l’œil bienveillant des Grand et Petit Veymont.

J10 Mardi 1er juin (10km D+150m D-200m)

Nous repartons pour une journée sportive. Nous retrouvons ce que nous commençons à connaître le mieux sur les hauts plateaux : les pierres ! Nous montons sérieusement jusqu’au Jasse du Play, lieu de pause graines agrémenté du spectacle de jeu entre deux jeunes marmottes. Nous redescendons dans les sous-bois, nous recherchons les chemins, pas forcément bien indiqués avec le GPS, pas forcément facilement retrouvables depuis le repérage de Cécile…Ce sont deux randonneurs croisés au hasard qui nous aident à nous remettre sur la bonne voie.

Quels que soient les obstacles, arbres tombés ou neige résiduelle, nous les passons tous haut la main et Charlot, comme à son habitude sur ce séjour, ne pose aucun problème, prend son temps sans que nous ayons besoin de la guider. Qui a dit qu’un âne était têtu ? Nous trouvons également main forte auprès de 2 belges nous permettant de passer le fameux tronc. Nous nous arrêtons pique-niquer sur les vestiges d’une maison hexagonale, ce qui nous offre quelques sièges. Pas de sieste à priori, mais nous continuons notre route jusqu’à la clairière de Darbounouse. Ce dernier montage du tipi sera important : on prévoit de la pluie pour la nuit.


J11 Mercredi 2 juin (16 km D+540m D-700m)

La pluie a été légère. Pas de quoi entamer le moral des troupes pour ce dernier jour. Nous savons qu’aujourd’hui, nous descendons des hauts plateaux. Donc, ça redescend. Mais alors pourquoi ça continue de monter ? Au sommet de la côte, nous nous arrêtons à la Grotte de l’Ours pour la visiter avec Mathieu mais peu habitués à ce terrain, nous oublions l’essentiel : une joëlette, c’est large, des pierres humides, ça glisse et dans une grotte, il fait un peu sombre. C’est une fois la joëlette engagée et après quelques gros dérapages que nous sortons les lampes frontales. Au sortir de la grotte, nous nous préparons à une descente exigeante. Les lacets ? Connais pas ! Dré dans le pentu, en plein sous-bois, avec les pierres glissantes, nous parcourons en une matinée 800 m de dénivelé négatif. Nous cherchons le bon chemin, que nous avons perdu un instant, mais devant la perspective de tout remonter pour le reprendre, nous décidons tous d’en terminer avec cette descente ludique : nous verrons bien en bas.

Nous retournons à la civilisation au village, à la recherche de notre bonheur. Nous le trouvons dans un champ au milieu des poules. De toute façon nous sommes épuisés, affamés, cela conviendra ! Le soleil tape, la sieste nous offre les bras. Claire couche Mathieu manu militari ! Nous devons reprendre encore quelques forces pour attaquer les derniers 200 m de dénivelé positif qui nous attendent avant d’arriver.

Nous voyons au loin la maison…Mais oui ! C’est bien celle de Jean-Mie et de Marie-Christine ! La joie d’y être parvenus se lit sur tous les visages, par un soleil rayonnant. Nous installons les tables, profitons des dernières denrées de chocolat, d’une bonne bière fraîche et de tâter du pied l’herbe nue, mettre de côté nos chaussettes et nos chaussures. Nous nous retrouvons pour le dernier repas partagé ensemble, assis, propres et fourbus. Nous échangeons, Cécile semble apaisée, nous reparlons de l’organisation de cette aventure.

J12 Jeudi 3 juin (0 km, D+0m D-0m)

Autour d’un petit déjeuner tranquille, assis, chacun se prépare. La petite troupe se sépare progressivement aux alentours de 10h, pour reprendre sa vie ou continuer ses vacances…

Cela n’était pas le Pérou mais malgré toutes les difficultés imposées par la crise sanitaire et les multiples rebondissements, nous avons réussi à réaliser un joli projet, au profit du début du déconfinement, arrivant à point nommé ! Nous remercions chaleureusement Cécile pour sa ténacité, son enthousiasme à toute épreuve et d’avoir soutenu l’équipe, qui a changé jusqu’au dernier moment, jusqu’au bout malgré la tempête. Un grand merci également à Jean-Mie, pour sa connaissance du lieu, ses repérages, son intendance parfaite, son énergie et sa formidable organisation. On n’oublie pas de remercier Charlot, qui a été parfait et égal du début jusqu’à la fin, autonome et souvent câlin.

L’équipe peut aussi se féliciter de son opiniâtreté depuis deux ans, à monter le projet, à faire face aléas, à se remotiver pour la suite, à suivre les changements et à partir au pied levé sur ce séjour, qui a été à la fois plein de bonheur mais également difficile physiquement et qui a permis à chacun, même sans l’exotisme du voyage, de rencontrer l’autre et de se rencontrer soi-même, dans ce qu’il y a de plus beau et de plus simple, tout comme dans de ce qu’il y a de difficile, à l’image de ces montagnes. Ça n’était pas le Pérou mais chaque matin, la petite flûte d’Anne nous y a plongé comme si nous y étions. Nous avons une petite pensée pour ceux qui devaient venir mais n’ont pas pu, à ceux qui au final ne devaient pas venir mais qui sont venus quelques jours, ainsi qu’à celles et ceux que nous devions voir à l’autre bout du monde et que nous n’avons pas pu rencontrer.

L’aventure va maintenant se poursuivre un peu, nous allons continuer à organiser le versement d’une partie des dons collectés à ceux qui auraient dû les recevoir pour nous faire découvrir leur culture et leurs paysages, à partager nos médicaments avec les structures médicales péruviennes. Quant à nous, cette aventure continuera de nous faire vibrer encore longtemps dans notre for intérieur.