Diagonale des Aravis 2026 ou Séjour de Yann et Vincent

22 septembre Reportages

Samedi 25 juillet 2026
Il est 16h09 quand le TER arrive en gare de Sallanches. Je n’ai pas vu la pluie depuis des mois,mais quand je sors du train, le déluge s’abat sur moi. Les passagers les plus flegmatiques acceptent de se mouiller, tandis que d’autres, dont je fais partie, courent cahin-caha sur le quai jusqu’au préau de la gare.

Ici Julien, le petit nouveau de l’association. Laissez-moi vous raconter mon premier séjour avec la grande famille HCE : la diagonale Aravis de l’été 2026.

Devant la gare, je retrouve Sharleen, mon amie d’enfance. C’est elle qui m’a amené jusqu’ici ; sa tante lui a fait découvrir HCE il y a trois ans. Elle m’attendait en compagnie de Céline, une habituée des séjours HCE qui sera notre conductrice pour aujourd’hui, et de Vincent, un de nos quatre passagers joëlette. Sur le trajet en voiture, on apprend que Vincent s’apprête à retrouver Yann, un ami d’enfance retrouvé récemment après 31 ans par le hasard de la vie : quelle belle histoire ! Nous arrivons au camp de base dans la charmante commune de Demi-Quartier.

Guy et Giselle (ou Guyselle, pour les intimes) ont eu la gentillesse d’accepter au pied levé que notre joyeuse troupe élise domicile dans leur jardin pour deux nuits. Ils ne savent pas dans quoi ils se sont embarqués !
Je sors de la voiture ; nous arrivons parmi les derniers. Je comprends vite que de nombreuses personnes se connaissent déjà. De nature timide au premier abord, je me force à aller à la rencontre des nouvelles têtes qui m’entourent, et je suis vite agréablement surpris par l’ambiance conviviale qui règne ici, et qui rend tout si simple.Tandis que Vincent retrouve Yann, Sharleen et moi faisons la rencontre de la pétillante Michèle.

Après un bref échange sur l’orthographe du prénom Sharleen, plusieurs membres du groupe se voient attribuer une version anglophone de leur prénom. Il aura suffi de quelques minutes pour que jusqu’à la fin du séjour, Michèle devienne Micheeeelle, Sharleen devienne Sharleeeeen, Lise devienne Liiiiise et Jean-Pierre devienne John Rock (on appréciera la qualité du jeu de mots sur ce dernier). Il ne reste que Valérie et son grand sourire pour compléter l’équipe de nos quatre passagers joëlette. À ce joyeux quatuor s’ajoute Thierry, notre handi-marcheur espiègle qui se transformera vite en distributeur professionnel de devinettes.

La joyeuse troupe s’active déjà. De toutes parts on range, on dérange et on cuisine. La pluie s’est arrêtée. Les nuages sont couchés dans la vallée au loin. Ils annoncent de la pluie cette nuit : on installe tipi, marabout et tentes, pour ceux qui en ont ramené une.

C’est l’heure de notre premier repas tous ensemble. La longue table et sa toile cirée jaune citron ont été installées. Tradition oblige, on entame le tour de table et des prénoms. À force de les répéter, ils finissent par rentrer ! On y rencontre nos deux guides, Valentin et Willy, et notre intendante Laurence. Je comprends vite qu’on est entre de bonnes mains ! Et puis l’on rencontre nos accompagnateurs actifs : Christelle la basque, Livia notre consœur banlieusarde, Lise la nancéienne, Marius et Céline les ligériens, Sophie la tourangelle, et notre flopée de "locaux" qui ont la chance de côtoyer la montagne au quotidien : Charlotte, John Rock, Paul, Brieuc et enfin Vincent, puisqu’il fallait bien qu’un prénom revienne deux fois dans cette joyeuse troupe.

Joyeuse oui, mais disciplinée, pas du tout ! Il faudra un moment pour terminer ce tour de table, interrompu à de multiples reprises au fil des conversations et traits d’esprit lancés de-ci de-là. On y apprend que Michèle souhaite avoir une belle vue lorsqu’elle est aux toilettes : le concept des toilettes panoramiques est né ! Laurence et Valérie, quant à elles, nous font part d’une terrible malédiction dont elles sont toutes deux atteintes : elles perdent systématiquement leurs affaires !

Le repas est l’occasion de discussions transgénérationnelles animées. Les jeunes comparent leurs expressions pour voir si millennials et gen Z se comprennent, et c’est l’occasion pour les moins jeunes d’apprendre quelques expressions dans l’air du temps. On retiendra notamment le fameux "pain", synonyme de beau gosse. Notre joyeuse troupe s’étale de 22 ans, pour notre benjamin Marius, à 75 ans, pour notre aîné Jean-Pierre. On essaie de deviner les âges des uns et des autres. Certains y laissent des plumes, comme la pauvre Charlotte qui se voit donner 13 ans de plus que son âge par Marius ! Mais que peut-on attendre d’un jeune de 22 ans ?

Après un délicieux repas, Laurence nous propose thé et café. Les Parisiens que nous sommes, Sharleen et moi, exprimons notre profonde déception face à l’absence de matchas : comment va-t-on survivre une semaine dans ces conditions ? Marius est carrément venu avec sa liqueur de mirabelle, de quoi ravir les amateurs de gnôle. Quant à Sophie, elle est arrivée avec toutes sortes d’accessoires tricotés par sa mère et sa tante : bonnets, mitaines, guêtres... De quoi avez-vous besoin ? C’est l’occasion pour Sharleen de nous parler colorimétrie : chacun doit trouver les couleurs qui lui vont bien au teint !

Valentin nous fait le premier d’une longue série de topos. Debout à côté de notre table, il explique ce qui nous attend. Je sens que le bivouac sur cinq jours est inhabituel, ce qui renforce mon enthousiasme. Mais logistique oblige, il va falloir faire un effort pour alléger les sacs au maximum avant le départ. Valentin met notamment son véto sur les tentes, ce à quoi Sharleenne s’était pas préparée psychologiquement. On dormira à la belle étoile ou sous des tarps. Cela n’empêchera pas Marius de prendre sa mirabelle : chacun ses priorités !
La soirée se termine dans la bonne humeur autour de jeux de société alors que la nuit s’installe sur notre campement. Nous n’avons pas encore fait un kilomètre que la mayonnaise a déjà pris.
Je sens que ce séjour va être une réussite.

Dimanche 26 juillet 2026
Salut ! Moi c’est Marius, et je vais vous raconter notre belle journée de dimanche lors de ce magnifique séjour HCE de la diagonale des Aravis.

Sous une nuit agitée par les ronflements de Yann et pour un réveil compliqué pour Charlotte qui se retrouve dans une baignoire à l’intérieur de sa tente due à la pluie, la petite troupe du séjour se réveille pour son premier petit déjeuner de qualité, préparé par les soins de notre intendante. Mais deux marmots (Thierry et moi-même) se sont tellement laissés happer dans leur sommeil qu’ils ont été les derniers à table ! Les tartines se garnissent de beurre, confiture. Les bols se remplissent de café et de chocolat chaud et la troupe se prépare à sa première journée d’initiation !

À 9h30 c’est parti ! On monte fort dans la forêt ! La brume et l’air frais rafraichissent nos gouttes de sueurs. Après ses premiers efforts, nous dégustons notre premier repas avec comme accompagnements pain, fromage, beaucoup de chocolat et quelques framboises ! La descente était fort plaisante surtout avec les framboises qui nous accompagnaient de nos yeux jusqu’à notre bouche ! Sur le dernier kilomètre, Vincent décida de marcher seul, soulé de ses coéquipiers jusqu’à notre campement.

A l’arrivée, la troupe s’active et vacille entre plusieurs missions comme prendre une douche froide, s’occuper de Michèle, Valérie, Vincent et Yann. S’en suit une séance de massage où Marius a pu mettre en pratique ses talents de masseurs avec plusieurs cous et cervicales qui étaient massés et reposées. Charlot, notre âne, débâté, en a profité pour s’évader.

S’en suivit un repas jovial et convivial avec le briefing du somptueux bivouac qui nous attend et nous fait rêver. Une fois rompus, les cartes et la FAMEUSE MIRABELLE ont pris le relais pour animer la soirée !!!!!!!!!!! Celle-ci (la mirabelle) nous suivra tout au long de la semaine portée par les soins de Marius ! Puis vient l’heure de se coucher, 22h, brossage des chicots et au lit. 22h30 les premiers ronflements se font entendre tandis que d’autres se font bercer par les effluves de la mirabelle.

Lundi 27 juillet 2026
GOOD MORNING, ici Sharleen, votre 3ème conteuse.
Pendant que les conducteurs partent déposer les voitures à l’arrivée, le reste de la troupe termine de préparer ses affaires et tente (sans tente), tant bien que mal, de faire rentrer cinq jours de bivouac dans des sacs les plus légers possible. Objectif : départ à 9h30. L’histoire ne retiendra pas notre réelle heure de départ.

On se pose en attendant les conducteurs ; on resterait presque bien là à lézarder. Mais leur arrivée nous donne finalement l’élan nécessaire pour s’élancer : il est temps de quitter nos bienfaiteurs Guy et Gisèle. Direction la Croix des Salles, puis le sommet des Salles : 9 km et 700 m de dénivelé positif, le tout avec une vue imprenable sur le Mont-Blanc.

Cette première grosse montée est l’occasion de faire un big up à JB, Zoé, Juliette, Zora, Célian, Lubin et Céline (+ la cousine) qui nous ont bien aidés en n’hésitant pas à s’encorder pour faire grimper les joëlettes.

Nous avons également dans notre groupe Marius le plus jeune, mais qui vaut 3 hommes, ce qui nous permet d’arriver finalement au col du Jaillet, où nous découvrons notre premier spot de bivouac, avec une vue absolument incroyable sur le Mont-Blanc.

Alors que nous sommes tous fiers de nos efforts, une menace plane : le surhomme Willy nous tease d’un air mystérieux que la montée de demain sera beaucoup plus rude. Nous essayons de ne pas l’écouter sur le moment. On verra bien !! Nous avons de toute façon notre"cartouche" Vincent, qui connait les itinéraires et peut nous donner des détails lorsque les AEM sont (volontairement ?) flous.

Avant de profiter du coucher de soleil, une mission capitale nous attend : pomper. Pomper comme on n’a jamais pompé... pomper l’eau, bien sûr, afin de la rendre potable. Si vous souhaitez vous laver dans une eau non potable, il est toujours possible de le faire à 4 pattes dans la flaque de boue préférée de Julien... Seule Sophie pourra alors vous mimer la scène à la perfection. Mais qui fait ça ? Alors que le groupe des pompeur-ses (Lise, Charlotte, Julien et moi-même) remplit délicatement chaque gourde et jerricane de la précieuse eau, nous découvrons avec stupeur et effroi que quelqu’un utilise de vieilles bouteilles en plastique en guise de gourde. L’histoire ne dira pas, encore une fois, qui en était le propriétaire... Mais sachez que ce ne peut évidemment pas être un AEM...

Le coucher de soleil est époustouflant, offrant un contraste de couleurs saisissant. Même notre toulonnais Yann, qui vante pourtant régulièrement les beautés du Champsaur, en prend plein les mirettes.Chacun trouve le meilleur endroit où dormir : un tarp est installé juste devant la merveilleuse scène. D’autres essayent de se trouver un coin isolé du froid (Valérie, experte en douche quotidienne et dégoteuse de coins pas trop frais pour dormir, je ne peux qu’adorer). JR et ses petits poussins s’en vont plus loin en s’assurant de mettre un réveil pour assister au lever de soleil du lendemain (un plot twist est à venir). Une fois le camp installé, nous mangeons un repas convivial.

C’est à la nuit tombée, au moment de se brosser les dents que nous faisons une découverte sensationnelle... Avez-vous déjà entendu parler du stroboscope ? (et non trombinoscope...). Voici ce que nous dit notre ami Wikipédia : Un stroboscope est une source de lumière intermittente. Par un dispositif mécanique ou électronique, on produit une alternance de phases lumineuses (flashs) et de phases obscures.
Pour une raison à ce jour inexplicable, Julien, devant un public incrédule, agite rapidement sa brosse a dent, nous offrant un spectacle pour le moins inattendu... Nous assistons en fait à la multiplication de l’image de sa brosse à dent. La lumière de sa lampe frontale émettant avec une fréquence trop élevée pour l’œil qui ne perçoit pas la discontinuité des flashs... Pour faire plus simple : c’est trop stylé, quand on secoue quelque chose le mouvement se décompose sous la lumière. Cette découverte nous occupera pendant au MOINS 25 minutes...

Mardi 28 juillet 2026
Ici Julien à nouveau. Pour cette nuit, Jean-Pierre, Marius et moi avions installé notre nid douillet dans la forêt pour fuir le froid et l’humidité : c’est une réussite. La montre de Marius doit nous réveiller pour le lever de soleil, mais je me réveille spontanément aux aurores. Je rejoins le reste du groupe, resté plus bas, dont certains m’ont promis qu’ils seraient levés pour observer le lever de soleil sur le Mont Blanc. Que nenni : lorsque j’arrive, toute la joyeuse troupe dort à poings fermés. Je zigzague entre les corps emmitouflés dans leurs duvets et me poste face à une des plus belles vues qu’il m’a été donné de voir dans ma vie. Voyant que Jean-Pierre et Marius dorment toujours comme des bébés, j’en déduis qu’il doit être encore plus tôt que l’heure du réveil. N’ayant pas l’heure depuis le début de la semaine, je suis complètement déconnecté du temps ! Au moment où le soleil pointe le bout de son nez, je succombe à la fatigue, la nuit ayant été trop courte, et me rendort paisiblement. Je suis réveillé à 8h30 par Jean-Pierre, paniqué. "On ne s’est pas réveillé !", souffle-t-il. Qu’il parle pour lui ! J’étais le premier réveillé de toute la troupe ! Nous rejoignons comme des fleurs le reste du groupe, qui ne manque pas de nous taquiner... L’histoire oubliera peut-être le fait que la raison de cet échec est que Marius avait mis une alarme pour 6h... du soir !

Aujourd’hui, une dure journée nous attend. Nos deux accompagnateurs ne sont pas d’accord entre eux : Willy croit en nous et pense que nous sommes capables d’atteindre le Grand Croisse Baulet tandis que Valentin se veut moins optimiste, ou plus réaliste.

C’est parti ! Très vite, ça commence à monter sévère. On s’encorde sur les joëlettes, on tire sur les côtés. Mais bien vite, la pente devient telle qu’il faut encore plus de renfort. Valentin s’aperçoit que nous sommes 9 personnes à nous occuper de la même joëlette (deux derrières, deux sur les côtés, un devant et quatre dans les cordes) : du jamais vu ! Et là, c’est la double peine : il faut redescendre pour monter les joëlettes restées en bas. Découragés et désinhibés par l’effort, on en vient à quémander l’aide de jeunes qui nous doublent... et ça marche !

Assez vite, on comprend qu’il faut se rendre à l’évidence : le petit Croisse Baulet c’est oui, le grand Croisse Baulet c’est non ! Il faut dire qu’en montant les joëlettes deux par deux, c’est comme si on faisait la randonnée deux fois...

On s’arrête pour manger dans les herbes : pas d’ombre à l’horizon, et une chaleur qui commence à être insoutenable. On monte le tarp, mais la chaleur en-dessous de celui-ci m’est encore plus pénible : je pique une crise et sort du tarp ! A cause de cette chaleur, la pause repas m’aura plus fatigué que reposé : la reprise est très difficile. Heureusement, bientôt, la montée est terminée. Mais on n’en est pas pour autant au bout de nos peines, car un "passage esthétique" nous attend. Comprenez par-là : un sentier aérien et rocailleux où une chute de joëlette serait, sinon fatale, fort ennuyeuse...

Pendant ce temps, les brebis nous crient dessus, mais Marius et moi ne sommes pas du genre à nous laisser faire : nous voilà en train de travailler nos plus belles harmonies de "beeeeeeeh". Toute la joyeuse troupe arrive finalement saine et sauve à notre nouveau lieu de bivouac... qui dispose d’un robinet ! Après cette journée éprouvante, quel bonheur de pouvoir se doucher (et pas dans une flaque d’eau à quatre pattes, cette fois) ! L’eau est certes froide - le pauvre Vincent qui s’est fait copieusement asperger d’eau glacée sur la tête par Jean-Pierre, Marius et moi, s’en souviendra - mais que c’est vivifiant ! Voilà de quoi ragaillardir les âmes lasses pour conclure cette journée épuisante mais absolument magnifique.

Mercredi 29 juillet 2026
Ici Sharleen à nouveau pour vous parler de notre journée de mercredi.
Après avoir fait de doux rêves culinaires des barres de céréales maison de Céline (et j’en rêve encore...), nous quittons notre chère cabane du Petit Pâtre et son eau illimitée pour prendre la direction du col de Niard.

Au programme : une belle descente très technique, mais il faut dire que notre équipe de choc s’en tire haut la main. Entre Lise, experte HCE qui savait probablement manier la joëlette avant de marcher, John-Rock, solide comme un Rock, Livia, notre kiné ostéo aux dons magiques et ses MAINS DE FÉE, et Christelle, notre basque au sens de l’orientation approximatif (cela ne s’est pas remarqué pendant le séjour, contrairement à son bel accent chantant), nous avançons sans difficulté. Nous nous permettons même de pouvoir regarder le ciel et ses nombreux rapaces. Si vous vous demandez quel est le rapace que vous voyez, vous pouvez assurément demander au maître en la matière : Brieuc. Il sait tout. Et surtout cette route nous permet de méditer les énigmes de Thierry. La constante étant que Thierry a toujours une énigme à poser. La logique derrière est optionnelle.

Une belle matinée bien dense mais qui va être récompensée à midi, car nous avons alors un SUPER spot de pique-nique, BIEN OMBRAGÉ. C’est l’occasion de découvrir que l’acolyte de Yann, Vincent, a déjà vu tous les films AU MONDE qui existent. Certains profitent du calme pour faire une sieste, tandis que d’autres s’offrent une véritable balnéo face au Mont-Blanc. Difficile de faire mieux comme pause déjeuner. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous entendons la douce voix de Valentin nous dire"Bon..." ce qui signifie toujours qu’il faut repartir. Sa 2e phrase préférée étant "Ne béquillez pas".

Nous reprenons donc élégamment notre route vers Mayères. Je dis élégamment car, comme vous pourrez le constater sur les photos, notre groupe comprend des personnes ayant ce qu’on pourrait définir comme "la classe". En témoignent les chemises de Paul et le bob de Bali de Michèle très tendance.

À peine le bivouac installé, un étrange engin volant commence à décoller non loin de nous, dans un vacarme certain. Les plus « âgés » de la team s’inquiètent déjà : est-ce que cela va continuer jusqu’à 22h ?
Pendant que les plus téméraires partent rejoindre Laurence et Charlot à pied, d’autres récupèrent de l’eau potable qui s’écoule à faible jet, et d’autres s’offrent un moment d’étirement ou creusent un trou pour les toilettes. Le soir, nous nous mettons aux fourneaux. Enfin... nous essayons. Le repas prend malheureusement une légère teinte de noisette grillée, saveur qui ravira tout le monde par la force des choses. Le calme olympien et en toutes circonstances de Laurence nous rappelle alors à quelle intendante nous avons à faire : une main de fer dans un gant de velours. Une main qui n’aura toutefois pas réussi à contrôler la cuisson du repas. Et Charlot parfois, mais ça, c’est une autre histoire.

Pierre, le fils de Vincent, nous propose alors de gouter son repas. Problème : c’est épicé comme si le piment avait quelque chose à prouver. Finalement, le léger gout de noisette grillée n’était peut-être pas si mal.

Jeudi n°1 30 juillet 2026
Hello c’est Marius ! De retour dans ce compte rendu pour vous raconter la belle journée de jeudi. La troupe se réveille doucement pour entamer notre avant dernier jour de Bivouac ! Un petit déj bieeeeeeeeeeeeeeeeen garni pour approvisionner les muscles lors de la terrible, longue et pentue montée en piste qui nous attend de pied ferme. La montée étant très raide, les joëlettes montent deux par deux, sous un soleil ardent. Mais quand la montée voit sa fin et que nous apercevons les prés et même au loin la chapelle, les sourires surgissent de plus belle. Un merci à Pierre (fils de Vincent) qui nous a aidés durant la matinée.

Arrivés à notre destination finale nous nous reposons sur des tables en bois avec un repas généreux et délicieux . Sans compter les boissons offertes par Valérie ! Ensuite direction la chapelle pour monter le campement. Un petit tour dans la chapelle pour beaucoup d’entre nous. J’ai écrit un mot, laissé une trace de notre passage dans ce bel endroit. Le temps s’avance et une chaine de massage voit le jour avec beaucoup de masseurs et de massés !

L’apéro s’installe entre boissons, fromage, pain et saucissons ! Nous sommes ravis ! Le repas "aligot" était somptueux (mon repas préféré !!!). Avec pour couronner le tout, des desserts variés entre tarte à la myrtille, crumble à l’abricot, moelleux au chocolat et tiramisu myrtille génépi !
Une fois les ventres repus, quoi de mieux pour aider à la digestion qu’une petite mirabelle !!!! Petit moment comique de la soirée quand Michèle fut restée coincé dans les toilettes du refuge ! Puis la lune vient nous bercer pour nous coucher de bonne heure.

Jeudi n°2 30 juillet 2026
Et c’est moi, Charlotte qui prends le relais du compte-rendu pour cette fin de semaine !
Le jeudi 30 juillet, nous nous réveillons face au Mont Blanc (toujours) près d’un chalet d’alpage, nous commençons à être plus rapide et efficace sur les départs matinaux (l’avant dernier jour, mieux vaut tard que jamais) !

Aujourd’hui la journée aura des allures de U (eh oui les termes technico-ludique ont été revisités !), c’est à dire une belle descente, suivie d’une belle montée, aucun plat ni faux plat à l’horizon ! Une fois la descente achevée, nous arrivons à un petit parking, pour faire une pause, attendre Laurence, Willy et Charlot avant d’attaquer une grande montée. Cette pause fût riche en découverte, après quelques rencontres avec des randonneurs, habitués du massif, une seule et même réaction après leur avoir dit notre objectif le refuge de Doran : des yeux écarquillés, une onomatopée « ouf, ah oui, olala » et souvent suivi d’un soupir, autant de sons très peu rassurants quant au degré de la pente qui nous attend. En parallèle, l’association WWF présente sur le parking nous apprend quelques anecdotes sur les loups et les chiens de protection ! Après une grande pause, nous débéquillons, prêts à affronter cette dernière grande montée du séjour !

La pente est raide, mais le moral est là, nous avons un bon rythme, et après une dizaine de minutes, nous montons deux joëlettes par deux joëlettes. Est-il préférable de porter son sac lors de la première ou de la seconde montée ? Grande question, deux équipes a priori.

Après cette montée, le paysage à l’arrivée est fantastique, la chapelle en premier plan, la pointe percée au dernier, et le refuge, qui nous attend avec des boissons fraiches qui nous font un bien fou ! Nous pique-niquons sur les tables du refuge avant d’entamer un après-midi plutôt reposant, jeux, lecture, sieste et « tu préfères ? ». Cet après-midi-là un évènement tragique a cependant eu lieu... la perte d’un gobelet HCE pendant la vaisselle du midi dans les profondeurs de la fontaine, nous saluons le courage de Lise et Sophie, ayant plongé leurs bras dans la vase pour le récupérer, geste qui n’a malheureusement pas porté ses fruits.

Nous installons le bivouac près de la chapelle avec de nouveau une vue magnifique. La chapelle ne s’ouvre que par une clé détenue par un certain Bernard. Bernard d’en haut, Bernard d’en bas, nous réussissons enfin à trouver cette clé. La chapelle a été construite en 1953 par des jeunes scouts. Marius et Vincent écrivent un mot dans le livre d’or, des mots de 1998 sont encore visibles. Si quelqu’un passe par là dans 30 ans, qu’il feuillette les pages du livre au jeudi 30 juillet 2026...

Le diner se termine par de délicieux desserts du refuge ; tarte aux myrtilles, crumble, gâteau au chocolat, sachez qu’il est possible de passer une commande du bas du refuge jusqu’à la chapelle, nous avons testé, ça a (presque) fonctionné. Vous vous souvenez quand un peu plus haut j’ai indiqué « prêt à affronter cette dernière grande montée du séjour ! », eh bien nous apprenons que, suite à un sondage auprès d’une seule personne (l’Insee n’a qu’à revoir ses méthodes), l’itinéraire comprenant seulement de la descente a été délaissé face à celui avec de la montée !

Vendredi 31 juillet 2026
Cette dernière matinée de joëlette débute par une très belle descente dans la forêt, peu roulante mais plutôt amusante, « pierre, marche, virage, stop, ça roule » rythment cette première heure. Et une seconde descente nous attendra ensuite pour finir le séjour, les passagers ont pu ressentir beaucoup de secousses de quoi tester les amortisseurs des joëlettes ! Arrivés « au cul du camion », et pique-nique avant de reprendre les voitures pour la réserve de Plaine-Joux. Très beau plateau, bien que touristique nous avons une aire, seulement pour nous (ou presque,une petite pensée pour ce randonneur seul au milieu de tout HCE). Et enfin LA DOUCHE. LA première « vraie » douche du séjour, je précise « vraie » car étonnamment malgré les 5 jours en bivouac nous avons été plutôt créatifs sur les douches : flaque, filet d’eau, gourde, robinet, camel back (ou camel bag, là aussi choisissez votre équipe).

Samedi 1er août 2026
Ici Julien à nouveau. Ce samedi matin, un air d’au revoir pèse sur le campement. Le soleil et le Mont Blanc sont toujours de la partie, comme pour nous inviter à rester ici. La nuit a été courte ; il faut maintenant plier bagages car le camion doit partir à 9h30. Le petit déjeuner est l’occasion de finir les restes : ce matin, on peut manger du porridge, des tartines, et même de la tarte à la framboise ou à la myrtille. Pour la dernière fois, on plie les tentes et le marabout, on range les affaires dans le camion et les sacs à dos. Comme par magie, les affaires perdues resurgissent petit à petit. Attaché à son arbre, Charlot nous regarde nous affairer. Lui aussi semble triste que le séjour touche à sa fin.

Chacun s’organise pour les retours en voiture. De mon côté, je change mon train pour pouvoir prolonger le séjour jusqu’au bout. C’est déjà l’heure des au revoir. De toutes parts on se fait la bise ou on se prend dans les bras, on se remercie pour des beaux moments passés ensemble, on se dit qu’on se reverra, on se dit parfois qu’on s’aime. Après une semaine ensemble 24 heures sur 24, unis par l’effort et le réconfort, il semble qu’on se connaisse depuis des années. On sent bien que la larme n’est pas loin. Nous sommes dans les derniers à partir. Emmenés par Sophie, Vincent, Livia, Sharleen et moi allons déjeuner ensemble au lac de Passy où nous faisons trempette. Arrivés en gare de Sallanches, on dit au revoir à Sophie, puis notre TGV démarre. Je quitte le petit trio en gare de Bellegarde. La porte du TGV se referme. Je fais des coucous par la fenêtre à mes trois compères restés dans le train. Lorsque celui-ci démarre, je me mets à courir à la même vitesse et dans la même direction, comme pour prolonger de quelques dernières secondes cette semaine formidable.