Handi Cap Evasion

Vanoise du 14 au 21 août

Rubrique: Reportages 22 août 2010

Quatre saisons en Vanoise

Samedi 14 août : Toute l’équipe a rendez-vous au camping « Le Chamois » de Pralognan. Sous des trombes d’eau glacée, l’endroit n’est guère accueillant. Difficile de se résoudre à sortir de la voiture avec un temps pareil, d’autant plus que le camion n’est pas arrivé et le camp n’est pas encore monté. On s’observe depuis les voitures, le doute s’installe : dans quelle aventure suis-je allé me fourrer ?

Quand le camion arrive la pluie n’a pas cessé. Il faut pourtant monter le camp. C’est le moment de réviser « Comment camper dans la boue ».

Le repas du soir est l’occasion des présentations : Matthieu encadre le séjour et Stéphan sera l’intendant ; il y a 4 passagers : Carole, Claire Yann, et Romain qui marche avec des béquilles et utilisera la joëlette en cas de besoin. Il y a aussi Annie, non voyante. Côté accompagnateurs, il y a : Agnès, Alain, Denis, Eloïse, Emmanuelle, Gweltaz, Jean-Claude, Laurent, Marie-Jo, Mathilde, Pascale, René et Valérie. Sans oublier l’âne Karak, pour le portage sur ce séjour itinérant. Les provenances sont diverses : de la Bretagne à la Moselle en passant par le région parisienne, les Hautes Alpes, l’Isère et les Ardennes. Bref un groupe très équilibré : dix filles, dix garçons, mais aussi dix « nouveaux » (dont c’est le premier séjour) et dix « anciens » (qui rempilent).

Après l’apéro et la présentation du séjour par Matthieu ; à défaut de complètement nous sécher, le bon repas concocté par Stéphan nous rassasie et nous réchauffe.

15 août : Il a plu une bonne partie de la nuit, Matthieu a dit : lever 6h30 pour profiter d’une éclaircie… en effet la pluie a cessé, mais pas la boue. Le repliage du camp est un peu laborieux. Karak manifeste son mécontentement après une nuit froide et humide en refusant de monter dans le camion. Les nuages se déchirent pour mieux laisser voir la neige fraîchement tombée.

Après un rapide transfert nous débarquons à Champagny le Haut avec un timide rayon de soleil. Cours accéléré de montage de joëlette car il faut décoller avant la fin de l’accalmie.

La montée se déroule sur une piste carrossable, c’est l’occasion pour les nouveaux de tester les différents postes : à l’avant, à l’arrière et même à la corde. Finalement nous arrivons au refuge de la Glière, pour le pique-nique, juste avant l’averse. Le programme de l’après-midi sera tout trouvé : sieste, tarot (Alain s’acquiert une réputation d’habile tricheur), cuisine.

L’endroit est charmant : pelouse tondue, vieux chalet et vue imprenable sur les marmottes, dommage que la pluie nous cantonne à l’intérieur. Mais malgré la 15 août nous sommes seuls dans le refuge. Laurent allume le feu dans le poêle, tout va bien.

L’hiver

16 août : au programme montée au col de la Croix des Frêtes, traversée vers le col du Palet et redescente sur Tignes. Le tout avec une vue imprenable sur la face nord de la Grande Casse. Un garde du parc de la Vanoise doit d’ailleurs nous rejoindre pour nous expliquer le paysage.

Départ dans le brouillard (et la bruine) à travers les alpages. La montée progressive par une large piste, tient lieu d’échauffement jusqu’à la pause « casse graine ». En fait de paysage la vue se limite à une dizaine de mètres et l’éclaircie annoncée par la météo peine à s’installer. On repart à flanc de montagne, à travers champs où les bouses se le disputent à la boue, flotch, flotch ! Mais bientôt la timide éclaircie s’évanouit, le brouillard reprend ses droits, le temps fraîchit, et l’herbe blanchit : eh oui, voici la neige !

Le sentier du col de la Croix des Frêtes n’est bientôt plus qu’une mince ligne noire sur fond blanc. Pas de pause au lac du Grand Plan il fait bien trop froid. Idem au col où un vent glacé nous accueille, il faut continuer avant d’être tous congelés. Nous traversons donc vers le col du Palet, le temps tourne au blizzard : la neige tombe… à l’horizontale.

Sauve qui peut général vers le refuge du col du Palet, pour un pique-nique au chaud et au sec. Devant l’entrée un bonhomme de neige nous attend. Pas de doute nous sommes bien en hiver, d’ailleurs le gardien a un anorak de moniteur de ski.

A l’intérieur le poêle ronfle et redonne des couleurs à Claire qui se congelait sur sa joëlette. Le pauvre Karak, débâté s’abrite du vent derrière le refuge.

Après le repas il faut bien repartir ; pas facile d’abandonner la chaleur du refuge. La remontée au col du Palet est expédiée au pas de course, vent dans le dos aidant. On bascule sur l’autre versant en espérant fuir le blizzard qui règne au col. Le début de la descente est l’occasion de quelques dérapages : la conduite de joëlette sur neige est délicate ! Enfin on aperçoit le camion HCE sur l’autre versant et à côté un petit point : Stéphan a monté les marabouts, on va pouvoir s’abriter dès notre arrivée !

Pour la fin de la descente c’est « drè dans l’pentu », il suffit de se laisser glisser le long de la « piste verte », attention quand même aux rigoles de drainage !

Une dernière remontée nous amène au camp où Stéphan nous accueille avec des boissons chaudes. Le moral des troupes est un peu entamé après cette hivernale et la perspective d’une nuit froide et humide en camping sauvage. Heureusement un coup de téléphone à la météo, qui annonce du beau temps pour le lendemain, et un bon repas requinquent tout le monde.

Le printemps

17 août : au réveil il ne pleut plus et les nuages commencent à se déchirer : un coin de ciel bleu, les sommets étincellent avec leur couche de neige fraîche. A nous le col de la Leisse et quatre jours d’itinérance. Mais au moment du départ, mauvaise nouvelle : Karak boite, impossible de la charger comme prévu. On ne peut pas non plus le laisser tout là pendant quatre jours. Une décision s’impose : l’âne nous suivra « à vide » et chacun « optimise » son sac pour enlever tout le superflu avant de se répartir les vivres pour les quatre prochains jours. C’est donc avec des sacs lourds que nous attaquons la montée au col de la Leisse. Heureusement que le beau temps est au rendez-vous pour cette étape clef.

L’ambiance est printanière : en approchant du col la neige fond en nombreux ruisselets qui glougloutent sous les pieds. Le chemin est plutôt roulant mais entrecoupé de passages raides où l’on passe les joëlettes deux par deux.

Mathilde a mené Karak au col sans trop de difficulté et nous les rejoignons vers 13h30 pour le pique-nique. Avec la neige alentours et le ciel bleu gare aux coups de soleil !

On observe les téléskis, juste au dessus de nous sur le glacier de la Grande Motte, on voit même de petits points noirs : les skieurs doivent se régaler avec tout cette neige fraîche.

Après le repas on patauge encore un peu dans la neige avant de rejoindre le lac de la Leisse. A l’abri du vent la température remonte, plus on descend, plus il fait chaud.

L’été

En altitude la saison estivale est courte. En ce qui nous concerne elle aura duré de 16h30 à 17h44 ! Le temps d’une pause au bord du lac du Plan des Nettes. Trois courageux : Matthieu, Alain et Pascale s’y sont même baignés.

Mais arrivés au refuge, le vent se lève et le soleil se cache derrière la Pointe Matthews, il faut ressortir les polaires.

L’automne

18 août : au petit matin le temps est au bleu fixe, mais un fort vent d’ouest balaie le ciel et, en moins d’une demi-heure, tout est gris ! C’est une étape à priori cool, seulement 400 mètres de dénivelé à descendre en suivant le long vallon de la Leisse jusqu’à Entre-Deux-Eaux où l’on nous attend à l’alpage « Chez Catherine Richard ».

Mais le temps gris n’incite guère au farniente, d’autant qu’à chaque velléité de pause un petit banc de brouillard nous menace de sa bruine ! Finalement nous descendons pique-niquer directement chez Catherine Richard. Juste après midi le ciel se rebouche, il pleut à nouveau, un vrai temps d’automne. L’après-midi s’écoule entre partie de tarot et de jungle speed au coin du feu.

19 août : C’est « the étape », celle dont Matthieu nous parle depuis le début du séjour. La clef, « le crux » diraient les grimpeurs : la terrible remontée au col de la Vanoise. Et ce matin le soleil est même de la partie. Une large piste descend jusqu’au confluent des torrents de la Leisse et de la Rocheure, mais ensuite il faut remonter. D’abord par un large zigzag qui zèbre tout l’alpage, puis par un petit sentier raide entrecoupé de passages rocheux où nous passons les joëlettes deux par deux pour rejoindre le sentier balcon. On y retrouve Olivier, garde du parc venu à notre rencontre pour nous épauler et répondre à nos questions sur le parc de la Vanoise.

Après le sentier balcon vient le moment tant attendu de la traversée du chaos de blocs. La manœuvre est simple mais redoutable : il suffit de savoir compter jusqu’à trois. Un, deux, trois ! Et ceci pour chaque bloc ! Le passage se révèle à la hauteur de sa réputation, les soudures de la joëlette de Yann n’y résistent pas !

Mais le pierrier est quand même franchi, on l’on peut enfin pique-niquer sous les regard étonné des bouquetins. La fin de la montée est plus simple, on y croise des randonneurs ébahis et des bouquetins placides.

Le reste de l’étape est vite expédié sous un ciel bas et tourmenté accompagné d’un petit vent glacé, pas de risque de faire une pause baignade au Lac Rond.Pas de doute, nous sommes bien en automne, d’ailleurs les bouquetins sont descendus ils paissent aux abords du sentier.

Arrivés au refuge nous prenons possession de la terrasse pour y déguster quelques bières.

C’est le moment du baptême de joëlette pour les nouveaux. Qui rapidement se transforme en « joëlette trial » sur les bacs et les tables.

Pour le repas du soir nous avons le refuge d’hiver pour nous tous seuls. On s’installe et Stéphan nous concocte un poulet au curry. A nouveau le poêle ronfle et il fait bon, l’ambiance est détendue les difficultés sont derrière nous, et la soirée dure un peu. Mais à 22h, après une grande vaisselle organisée de main de maître par Pascale, extinction des feux, plus de courant, ce qui active un peu le coucher.

20 août : denière étape et non des moindres, 1200 mètres de descente ! Avec déjà une joëlette en vrac (transformée pour l’occasion en brouette tout terrain par Matthieu) attention à ne rien casser ! Comme Karak boite toujours (il a pris rendez-vous chez le vétérinaire pour 15h30) il descendra à son rythme avec Stéphan, Mathilde et Romain.

On les récupérera au parking de Fontanettes avec le camion. Finalement la descente se passe sans encombre (une petite frayeur quand même pour Claire, sur la piste rouge). Arrivés au parking, certains restent au bistrot avec les joëlettes tandis que d’autres descendent jusqu’au camping pour monter le camp pendant que Matthieu remonter chercher tout le monde avec le camion.

Après le pique-nique au camping, quartier libre pour explorer Pralognan, acheter des cartes postales (où il fait soleil) et des marmottes qui sifflent !

L’apéro du soir est le moment de faire, avec beaucoup d’émotion, le bilan de cette semaine en Vanoise. Une fois de plus la magie de la joëlette a fonctionné : la solidarité, le partage et la cohésion du groupe l’ont emporté sur les conditions météo. Mais pour la prochaine fois, ce serait bien de revenir en été !

Le mot de la fin, je le laisse à Mathilde et Valérie :

MP3 - 670.5 ko

(Sur l’air de « Aux Champs Elysées »)

On Arrive à Pralo
Sous la pluie
Il fait nuit
On n’ose même pas sortir
De la voiture
Puis Matthieu nous accueille
Il n’est pas moche
Il est belle gueule
On va passer de bons moments
Les gens sont charmants

Refrain :
Au Parc d’la Vanoise
Au Parc d’la Vanoise
Y’a des hauts, y’a des bas
Des marmottes et des chamois
Il y a tout ce que vous voulez
Au Parc d’la Vanoise

On se présente
On boit le thé
Y’a des jeunes
Et des moins jeunes
De la brioche à partager
Entr’ randonneurs confirmés

Parfois il neige
Parfois il pleut
Mais des fois
Y’a du soleil
Gonflés à bloc
Tout va mieux

En refuge ou en bivouac
Pas de répit pour l’âne Karak
Le pauvre malheureux
En a plein les pattes
De la Glière à la Leisse
En passant par le Palet
On essaye d’voir l’sommet
D’la Grande Casse

Stéphane est là, l’intendant
Son sac à doc est immense
Des légumes, du riz, des pâtes
En abondance
Matthieu est là, observateur
De chacun de nos malheurs
Motivé pour la survie
De son clan

Des sourires, des regards
De la pluie, du brouillard
Quand on est face au blizzard
Ca sent le cafard

…Pourtant que la montagne est belle
Quand on part avec HCE…

Texte : Denis

Photos : Agnès, Jean-Claude et Denis

Paroles : Mathilde et Valérie

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