Handi Cap Evasion

Val Maïra du 4 au 11 août 2012

Rubrique: Reportages 26 août 2012

Deux bivouacs sinon rien !

Un parcours itinérant entre France et Italie, deux bivouacs, une météo qui se goupille bien, une équipe et une logistique au top. Bref, un super séjour HCE !!

Toute l’équipe se retrouve le samedi soir, au campement installé le long de l’Ubaye, tout au fond de la vallée de l’Ubaye, près du hameau « La Barge ». Aurélien (l’accompagnateur) et Lionel (l’intendant) nous accueillent, très zen, car ils sont sur place depuis deux jours. Quant à Thibaut et Nicolas, ils enchaînent leur deuxième séjour d’affilée, ils sont arrivés avec les joëlettes du séjour haut Queyras. Tous les autres ont dû affronter un samedi « noir » de chassé croisé sur les routes, et Patrick a même eu une panne de voiture ! Mais après une nuit au calme et au frais le long du ruisseau, tout cela est oublié. Au total c’est un groupe plutôt expérimenté : les quatre passagers (Solène, Mado, Sébastien et Patrick) n’en sont pas à leur coup d’essai ; mais ce sera quand même un premier séjour pour Annick et Ariane.

Dimanche, petite balade de mise en jambes en remontant la vallée jusqu’aux sources de l’Ubaye et son étonnante forêt de saules au milieu de la rivière. Le temps est mitigé, mais rien de méchant et Aurélien nous a concocté une petite descente « ludique » sur l’autre rive.

Lundi matin, départ pour le premier bivouac. Le temps couvert n’est pas très engageant, mais il faut bien avancer. La météo est optimiste pour le soir, c’est déjà ça ! La montée commence par une large piste au milieu des mélèzes, plutôt roulant. Mais après la « pause graines », les choses se corsent. Nous quittons la piste pour un petit sentier qui se faufile au milieu des blocs en zigzaguant entre les myrtillers et les genévriers. La grimpette est rude et le ciel se fait menaçant. Nous finissons la montée juste à temps pour le pique-nique. Le temps de déballer les victuailles (et de retourner charcher la bâche tombée du bat de Tartare) les premières gouttes de pluie se transforment en une bonne averse. Tous sous la bâche !!

Nous repartons à la faveur d’une accalmie, mais la pluie redouble lorsque nous arrivons à la bergerie, emplacement du bivouac. L’installation de la bâche bivouac se double d’une averse de grêle !! Les bergères nous prennent en pitié et nous offrent un thé chaud et de la place dans l’écurie (le chalet est bien trop petit pour notre groupe). On éjecte sans pitié les locataires (ânes et chevaux). Seul un petit poney noir refuse de sortir et, immobile, se confond avec les pierres du mur. Transis, dans le noir et les pieds dans le fumier, le moral en prend un coup. Rude ce premier bivouac !

Finalement la pluie s’arrête et conformément aux prévisions, le ciel se dégage pour les derniers rayons du soleil. C’est l’occasion de sécher un peu avant la nuit qui s’annonce étoilée… et glaciale. Heureusement que Simone a monté le genépi !

Au petit matin, il y a du givre sur les joëlettes, mais le temps est au beau fixe. Chacun s’active en attendant les premiers rayons bienfaisants du soleil. L’objectif du jour, c’est la Col Mary (2641 m) et la redescente sur Chiappera en Italie. Nous sommes sur la « Via Alpina » et il y a de nombreux randonneurs au col.

A midi pique-nique côté italien au bord d’un petit lac (boueux à cause des troupeaux).

Quel contraste avec hier, aujourd’hui la bâche nous sert d’abri contre un soleil ardent. Après une longue descente nous arrivons enfin au « camping senza frontiere », avant Lionel qui a dû faire le tour avec le camion. La voie directe par la montagne est plus courte, et sans embouteillages ! Mais même Tartare est fourbu. Il a bien mérité sa ration d’orge après un lourd portage et une nuit glaciale à la belle étoile. La soirée se termine autour d’un feu de camp, Renée nous berce avec une chanson occitane.

Mercredi : le temps est toujours au beau fixe ; c’est le départ pour le second bivouac. Les sacs sont bouclés et l’équipement a été revu minutieusement : ça s’appelle l’expérience !

Un randonneur avec une santé de fer !

Renée donne une sérénade dans l’église de Chiaperra, puis nous attaquons la montée par une ancienne piste militaire. C’est roulant mais le soleil cogne dur. Un arbre et une source providentiels nous accueillent pour la pause de midi.

Encore 200 mètres de dénivelé à grimper pour arriver au bivouac ; l’emplacement est parfait : une large terrasse à 2100 m d’altitude, avec un bassin à proximité et même du bois pour le feu de camp. Cette fois c’est le bivouac idéal, le ciel est limpide, pas de vent et un bon feu.

Le berger italien explique à René qu’il garde 500 brebis (il y en a 2000 côté français), qu’il a fallu 7 ans pour construire la piste militaire et que notre terrasse était en fait un emplacement de canon pour tirer sur les français !

Nicolas, même pas fatigué !!

Jeudi : météo parfaite, grand ciel bleu. L’objectif du jour est un beau « morceau » : montée au « Paso di Cavalo » et traversée sur le col des Monges qui nous fera rebasculer en France. Le chemin est d’abord « roulant », mais en « pente douce », avant le final « ludique ».

Séquence émotion pour Solène, car le vide se creuse sous les roues des joëlettes.

Il faut débâter Tartare pour franchir la « Paso Di Cavalo », juste avant une pause bien méritée au col agrémentée d’un concours de sieste.

Ensuite nous traversons vers le col des Monges et une longue descente où le soleil cogne fort en direction du village Larche. Les joëlettes dévalent et Tartare a du mal à suivre le rythme de la descente. Les bords de l’Ubayette nous accueillent en camping sauvage. En guise de douche, c’est baignade dans la rivière !

Vendredi : Aurélien nous promet une journée plus cool avec une montée en « pente douce ». Il paraît que c’est même une piste de ski de fond. Hmm, il y a quand même quelques bons « raidillons » avant d’atteindre le vallon du Lauzanier, pour un pique-nique à l’ombre dans les saules. Retour par un sentier de berger, option « ludique » où les joëlettes disparaissent dans la végétation.

Pour le dernier soir, dîner spectacle au bord de l’Ubayette, avec comme animations, feu de camp, baignade et enquête policière : qui a planqué la longe de Tartare ? Le principal intéressé ne pouvant témoigner, les inspecteurs doivent se contenter de suspects de seconde main. Mais leur sagacité ne sera pas prise en défaut malgré des témoignages décousus et quelque peu incongrus, du genre « C’est pas moi, je préparais une bouillabaisse en Géorgie pour lutter contre l’isotherme zéro ! ». Rideau !!

Texte : Denis

Photos : Denis, Renée, Annick, Caroline et Simone.

La « Cotation Joëlette » façon Aurélien

Un itinéraire de joëlette est coté selon deux paramètres : la pente et l’état du chemin.
- La pente : il y a deux possibilités, soit c’est plat (ou quasiment) et on en parle même pas, soit c’est « en pente douce ». Ladite pente douce peut éventuellement être entrecoupée de « raidillons ». Tant qu’il y a moins de 90% de raidillons, la pente reste considérée comme une « pente douce ». A noter que dans tout raidillon, il existe au moins une partie relativement moins raide, qualifiée alors de « pente douce ».
- L’état du chemin : de nouveau deux possibilités : soit c’est « roulant », soit c’est « ludique ».Quand de nombreux joueurs sont nécessaires pour la progression de la joëlette, le chemin est alors qualifié de « très ludique » (Exemple : le Paso Di Cavalo se joue à au moins six par joëlette).

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