Randonnée à Messimy, 04 octobre 2020

12 novembre Antenne du Rhône

Jean-Yves Beau nous invite à sa randonnée annuelle et automnale des Monts du Lyonnais HANDI CAP EVASION. Rendez-vous à Messimy (69) en face de la mairie à 9h30…
Le ciel est un peu bleu, beaucoup gris ! Et la pluie est annoncée pour 16h. Jean-Yves et Thierry, expérimentés des séjours, sont déjà là à s’activer sur le parking : ils montent les joëlettes

Bien emmitouflés, on se salue et se présente dans la fraîcheur matinale. Parfois on se connaît ou se reconnaît. Il y a ceux ou celles qui sont du coin (Brindas, Chaponost, Vaugneray…) et ceux ou celles qui viennent de plus loin : par exemple, de Lyon, de Miribel, et la plus motivée, Mélanie, de Paris.


Plus de dames que de messieurs et de tous les âges, de la jeunesse pour tirer et conduire la joëlette avec l’équipe des 4 filles, Flora, Elsa, Lucie et Mélanie, qui se retrouvaient après leur séjour au col de Varces avec Handi Cap Evasion, mais aussi grâce à leur pratique (étudiantes en psychomotricité).
Libert est resté au chaud dans la voiture conduite par Annie avant d’être installé dans sa joëlette.
Et bien sûr, il y a les mains et les pieds expérimentés depuis de longues années pour nous guider, nous les novices ou les personnes handicapées : il a fallu qu’on termine la rando du jour pour que je m’aperçoive qu’Adeline semblait traîner un peu le pied : normal, m’a-t-on dit, elle a une prothèse à la cheville… Dans les randonneurs expérimentés, il y a Thierry, bien sûr, mais aussi une pléiade de « Jean » : Jean-Yves, Jean-Luc, Jean-Patrick ! Dans les randonneuses, il y a Pascale, Agnès, des pro et Sylvie non pro du tout !

La météo du jour et le climat COVID semblent avoir démotivé les troupes car il n’y a que 2 joëlettes et une quinzaine de randonneurs, habituellement c’est le double ! La 2è joëlette sert à charrier du matériel et des vivres.



Après les dernières consignes du chef guide, les joëlettes décollent : Libert donne son enthousiasme et son élan à sa joëlette conduite par Thierry, Jean-Patrick et Flora …. en pédalant à la force de ses bras et de ses mains.

Direction Châteauvieux (YZERON) par la route de La Châtelaise puis de La Bruyère, en coupant par le chemin des Roches, avec arrêt obligatoire à la Table d’orientation, vue sur les Alpes oblige.
De petites haltes accidentelles (problème de chaussures par ex) ou changements de pilote étoffent nos premiers pas et le début de notre ascension.



Un peu de gravillons sous les roues : Libert a rangé ses pédales manuelles et c’est Lucie et Jean-Yves qui s’y attellent ! Mélanie et Alessandra aux bagages ! De nouveau sur une petite route, on passe devant un vieux mur de chapelle, un tournant nous attend…

C’est le début de l’ascension : on sort les cordes et on s’enfile bientôt dans la montée des Combes à la queue-leu-leue ou presque : Agnès courageusement se met à l’attelage malgré une main endolorie et Jean-Yves encourage les troupes qui montent à l’assaut !




Vers 11 h 45, on est à la table d’orientation du Piragoy avec vue sur Les Grandes Rousses, Belledonne, Le Vercors et le Pilat (il paraît). En tous les cas, la vue est panoramique et le ciel aussi gris que la pierre de la table ! Les sacs restent sur le dos car on repart presque aussitôt.


Ce n’est pas le Grand Tour des Monts du Lyonnais mais presque, car l’effort mais aussi surtout les gros cailloux sont là sous les chaussures et les roues, et ça monte. D’abord escarpé sous les ramures des arbres, le chemin s’élargit et s’aplatit. C’est le moment de la pause pipi à la lisière du bois bordée par des prés bien verts pour Libert, bien accompagné et bien encadré, et pour ces dames dans le sentier et l’attente, c’est le cercle des « Bavardes Disparues » !



Enfin nous arrivons sur les hauteurs bien vertes d’Yzeron. Dans le sous-bois nous avons commencé à ramasser quelques provisions de bois mort pour préparer notre déjeuner sur l’herbe bien verte, prévu à Châteauvieux au pied de la chapelle…



Vers 13h, arrivée-détente sur la fameuse place de Châteauvieux : objectif atteint !!! Altitude 678m ! On peut reprendre des forces pour le retour sur Messimy qui nous redescendra 300m plus bas…. Donc pause déjeuner bien méritée non pas comme prévue au pied de la Chapelle (Jean-Yves avait eu soin de récupérer les clés du site, fermé actuellement), mais côté Place, à l’abri du vent, question de se réchauffer un peu …avec un feu improvisé mais obligatoire. Car il est un devoir -et un plat sacré- pour les pratiquants de cette randonnée automnale : ramasser et griller les châtaignes à portée de main et de pieds ! Or cette année, la sécheresse climatique dans nos monts du Lyonnais avait décommandé la récolte : pas de châtaignes sur les châtaigniers…mais dans un sac sorti du congélateur par notre Grand Chef !! Dans un élan solidaire et gourmand, les châtaignes se mirent rapidement à griller. Pendant ce temps chacun sortait de son sac à dos ses trésors alimentaires, mis à l’abri dans des sacs plastiques (et oui !) et, pour déguster sa salade-sandwich maison, s’installait à son gré aux quatre points cardinaux de la Place, dans le creux des pierres et d’arbres aux racines monumentales, aussi vieilles que la Chapelle (XI siècle) !





Quand soudain une voix criarde nous fit sursauter : un monsieur d’un âge certain, avait jailli, comme un diable, d’une vieille demeure « fortifiée », dont l’entrée donnait sur la place que nous avions choisi de squatter pour le pique-nique. Il voulait nous faire déguerpir parce que soi-disant nous troublions l’ordre public du lieu et, comme on lui rétorquait que nous étions justement sur une place publique, il nous invita gentiment à rejoindre les gilets jaunes…Place Bellecour ! MDR.
On a déplacé un peu le feu mais on a continué le sitting sur la place et certaines ont même tenté courageusement la sieste bien pelotonnée ! ou se sont réfugiées dans le tronc ouvert et mousseux à souhait d’un arbre préhistorique et bien sympathique !



Après ce repos bien mérité et un partage de boissons qui réchauffent et délient les langues, et désinfection hydroalcoolique, tout le monde redéplie les ailes pour la descente qui nous attend.

Direction Grand Croix sur fond vert et gris : on sent les premières gouttes…


La toute petite route avec vue sur les monts et les plateaux nous mène jusqu’aux prés, que se partagent démocratiquement chevaux et poules. Des taches rouges qui bougent : de jolis coqs qui viennent nous saluer. Les taches rouges plus grosses plus loin sur le chemin qui monte…c’est la troupe des randonneurs qui a retrouvé les pentes caillouteuses des sous-bois.


Puis c’est un sentier à ciel découvert (heureusement la pluie fine a cessé) où traînent un peu Agnès et Sylvie (c’est le narrateur-photographe). Elles admirent le décor champêtre et plus précisément les petites boules rouges ou bleues qui tapissent les buissons sur leur passage : cynérhodons (fleurs d’églantier ou gratte-cul) et prunelles d’hiver bien dodues.


La descente continue entre des gouttes de pluie et des rayons de soleil ; nous entrons dans un paysage plus agricole, voire arboricole. A l’horizon, des vergers et des serres, et une dernière pause avant l’arrivée ! Puis une voie goudronnée nous ramène à la civilisation avec les premières maisons du hameau Le Jaricot. Puis direction Le Rat. Et retour à la case Départ.
Dernière image de notre rando : notre descente à travers les vignes pour rejoindre le village de Messimy et au loin la plaine, la ville sous un beau voile gris.


La boucle est bouclée un peu après 16h. Le retour fut plus rapide que l’aller, normal car ça descendait plus que ça ne montait ! Nos vêtements sont bien mouillés mais pas trempés ! Un peu mal aux pieds pour moi et un peu froid parfois pour tout le monde mais une chouette balade de 13 km avec une équipe de choc, inter âge et qui partage, avec ou sans masque (COVID oblige) ses efforts et ses joies. Un grand moment où le handicap n’est plus un obstacle, même si parfois c’est dur, mais une rencontre heureuse et solidaire. Bref, un peu de bleu dans le ciel gris !



MERCI à TEO pour ses enregistrements copiés ci-dessus.
Sylvie