Les Balcons de la Meije, indémodables ...

5 octobre Reportages

Samedi Soir : Le puzzle
• Pas de camion (en panne, à Grenoble)
• Le van prêté pour transporter Charlot a perdu une roue en plein village de la Grave. Didier (AEM) et Charlot rejoindront l’équipe à pied en début de soirée.
• Pas de réseau GSM permettant une conversation audio à distance.
• Les conditions météo ne permettront pas de faire le programme dans l’ordre.

Pour Didier, s’il n’y a pas de solutions, c’est qu’il n’y a pas de problèmes, et autour d’un apéro dînatoire, nous sommes tout de suite rassurés par le savoir-faire d’Isabelle (Intendante) dont nous fêtons l’anniversaire.
Présentation, tour de table, Clément nous apprend qu’il a l’intention d’arrêter de fumer pour le séjour : il réussira à ne pas fumer entre chaque cigarette 😉. Tout le monde est ravi d’être là, et cela se sent (encore plus une fois que Didier aura pris sa douche hebdomadaire !)

On installe le camp

A table !

Dimanche : la solidarité comme solutions

Réveil tranquille et grasse mat (7h30). Brioche, café, thé, c’est dimanche et on attaque pour les 3 jours d’itinérance sans Charlot.

Un soupçon d’angoisse me parcourt l’échine à la vue du poids de mon sac, heureusement qu’il ne fait que 45 litres, celui de Sylvain doit être autrement plus lourd avec ses 85 litres !
Départ à 10h du camping, mais une voiture ne suit pas. On attend 10 minutes pour constater que Denis fait la causette avec 2 femmes … qui sont en réalité ses nièces, qui possèdent un 4x4 et qui pourront nous soulager d’un fardeau non désiré en portant une partie de nos affaires au point de bivouac ! Ouf et merci à elles !

11h : Visite du Chazelet et découverte douloureuse de la joëlette pour les 4 accompagnants premiers séjours : Juliette, Laura, Léa et Sébastien. Découverte amusée pour Marie-France, passagère optimiste.
11h20 : Début de l’itinérance avec un parcour heureusement moins raide.
12h45 : Pause repas succulent au Rivet du pied : Didier nous éclaire à propos de l’origine de la pétanque – pied tanqué. Isabelle nous fait la lecture des aventures de jeunes ados au pays de la Meije, chapitre 1. La Meije, citadelle encore peu familière, semble intriguée par notre présence. On aperçoit le refuge de l’Aigle accroché à un bout de rocher sur est du glacier du Tabuchet.

Après-midi roulante, on arrive à la surprise où l’on dormira.
Douche panoramique, les duvets arrivent à l’heure prévue, les sourires s’étirent et la Meije flamboie au couchant autant que les bananes du dessert.

Lundi : Après l’effort, on vit plus fort
Les patous, l’humidité, le froid, l’apprentissage de l’aide à la personne la nuit : nous sommes plusieurs à avoir passé une mauvaise nuit. Mais à 7h52, le soleil nous rejoint avec le café/thé et remplit à nouveaux nos poitrines d’optimisme sur le parcours à venir. La Meije s’en amuse.
8h42 : sans échauffement, poitrines vides de souffle, étoiles devant les yeux, mains sur les cuisses, le cœur au bord des lèvres, nous avons néanmoins franchi l’obstacle de la journée. On ne sait à ce moment si la Meije est indifférente ou admirative, et on s’en moque pas mal.

Pause midi idyllique dans des marmites de géant où tout le monde s’est baigné. Isabelle, qui a fait demi-tour, a conduit le camion, récupéré les duvets initialement récupérés par le 4x4, a déjà fait le trajet dans l’autre sens et nous a rejoint : nous sommes heureux de la voir parmi nous. Nous commençons à comprendre que la formule E= mc² , établissant que la masse est de l’énergie à l’état pur, pourrait s’appliquer à elle tant son dynamisme et son entrain nous impressionne. Nous écoutons distraitement le chapitre 2.

Pour ne pas marcher en slip mouillé, Christophe enfile son maillot de bain après la baignade. Imparable.

L’après-midi sera très roulante ; traversée de pâturages bucoliques, la Meije nous accompagne, les pas s’allongent et nous arrivons sur un lieu de bivouac proche d’une tourbière.

Le chef a perdu le jeu de la pince à linge, les rires sont francs, l’adret est à droite, c’est pneumo tactique, on enfonce chaminat, granité pêche au dessert, lecture du chapitre 3 : au fait, Tautica est-il un chien ?

Sous les étoiles, on partage nos connaissances en astronomie et on ferme les yeux : la Meije veille.

Mardi : y’a du monde aux balcons !
Levés à 6h00, car nous craignons un orage pour la mi-journée.

6h23 : « le Soleil arrive ! » nous informe Jean Joseph.
6h25 : « le Soleil est là ! »
6h32 : « le Soleil est reparti ! »
6h37 : « voilà le Soleil ! »
Comme la veille, le soleil arrive à 7h52 pour assister à notre départ dans la seule montée du jour, pour s’échauffer.

La Meije est sereine, elle et nous sommes suspendus dans l’instant.

14 h00 : Longue descente ludico-technique pour retourner au Chazelet, nous sommes félicités par les nombreux randonneurs. Franck est un émissaire de l’asso infatigable.

Retour au camping, on se réfugie en urgence sous le marabout : l’orage pointe alors que Virginie a juste eu le temps de préparer les tartines de pâté.

Thomas (venu en renfort pour résoudre le problème du camion), est accueilli dans une ambiance survoltée et en semble ravi. Il a des réserves de poulet dans la barbe et est champion du monde de l’apprentissage des prénoms.
Notre concentration est trop délétère pour accueillir le chapitre 4, Franck-Gollum s’impose comme chef de la contestation. Sébastien révèle que le livre est une intrigue à résoudre ; nous décidons que le livre sera envoyé de main en main pour tous les membres du groupe qui le veulent, après le séjour.
22h50, certains disent que Didier a été aperçu avec une trousse de toilette.
Christophe, Ester, Florentin, Franck, Juliette et Seb jouent au 6 qui prend. Christophe gagne la première, puis s’effondre. Juliette gagne la seconde. Esther fait le plus petit score cumulé et Sébastien possède le plus faible écart type !

Mercredi : l’initiation
Jour 1 pour Charlot également, tandis que Thomas et Denis font route vers Grenoble pour aller chercher le camion HCE.
Laura, Léa et Juliette qui ont dormi a 3 dans une tente 2 places, se réveillent trempées. Après la violence des premières montées nous sommes tous ravis de voir qu’elles trouvent leur place à la Joëlette, avec Charlot, pendant les temps de service et dans l’ambiance.
On commence par jouer, Chloé, Marie France, Jean Jo, profitent de leur disponibilité matinale pour rejoindre le groupe de joueurs.

Nous préparons donc la journée d’initiation après nos 3 jours de Joëlette. Ça va être facile ; cependant un doute nous habite à la vue de Didier calculant le dénivelé du matin entre 1680m et 2000m…
Florentin délaisse un peu l’effort pour s’amuser avec son appareil photo.
Départ tranquille à 10 h45 sur un début de sentier botanique pour ajouter du fractionné à l’effort.
Les dernières pentes avant le lac du Pontet seront terribles.

Le lac sera l’occasion pour Jean-Jo et Clément de démontrer leurs talents de nageur, tandis que Charlot et une Joëlette posent pour des photos.

S’ensuit une descente champêtre jusqu’à Villar D’arène ; le jeu de la pince à linge trouve sa version végétale et s’ensuit une déambulation bucolique jusqu’à la rue du four où nous nous voyons offrir une visite privée du four où l’on fabrique du « pain bouilli » (à base de seigle et d’eau) depuis 1806.

Retour au camping tardif. Jean-Jo, aidé de Florentin et Sébastien, établit un record de vitesse en Joëlette.

Pendant le repas, Sébastien gagne son pari de la veille en accrochant la pince à linge sur la barbe de Thomas. Esther fait craquer les os de Christophe qui retrouve 3 cm perdus pendant la journée.
Clément nous racontera pendant la soirée ce qui lui est arrivé. On discute tard dans la nuit, on refait le monde, Sylvain raconte ses expériences, on partage nos goûts musicaux (Fauve). En tant que nouvel accompagnateur, je réalise à quel point ce séjour abolit nos différences d’âge, d’origine, de métier. Nos besoins sont différents, notre but commun : sommes-nous ordinaires, extraordinaires ?

Jeudi : prêt pour soulever les montagnes !
On franchit le pas d’Anna Falck, jeune fille désobéissante selon la légende, pour franchir le pas d’âne. Charlot passe les gués. On embauche des randonneurs pour nous aider. Les lacets serrés en montée, on ne connaissait pas encore. Les rythmes marins entonnés par Chloé nous aident.

Arrivée à 14 heures au refuge : cela laisse du temps pour s’émerveiller, pousser des reconnaissances, se reposer, et partager une partie endiablée de coinche (Christophe & Juliette VS Florentin & Sébastien, 1050 à 895) et de Barbu, gagnée par clément.

On réveille Didier pour lui montrer le pneu d’une joëlette ; fendu sur 3cms. Les gaillards sont à la réparation en protégeant la fente par une sangle et un garde du parc nous montera le pneu de rechange laissé au camping. Pas de panique.

Petit train des massages, repas en refuge et spectacle musical de flûte.
On termine par le génépi offert par Florentin, et on utilise le jeu de 6 qui prend pour faire un exercice de cohésion sur le principe du jeu « The Mind ». Le groupe remporte élégamment la partie.

Vendredi : Des moments, des mots manquent
8h30 : Aïla, qui travaille pour le parc, nous rejoint comme prévu avec le pneu de rechange. Clément cède la Joëlette incertaine à Marie-France.

Nous montons au col d’Arsine, 2348 m pour la photo de groupe.

Puis encore une descente technico-ludique, avec des passages raides pour un autre moment d’intense cohésion. Aïla s’essaie à la Joëlette.

Repas festif du soir, nous accueillons la famille de Denis ainsi qu’Aïla pour les remercier de leur présence et de leur aide.
Et puis c’est l’émotion, brute, vive, salutaire, qui submerge. Du bonheur qui aura du mal à cicatriser. De la tristesse de savoir que ce groupe va se disperser. De l’espoir pour l’humain qu’il soit capable de vivre aussi intensément.
La Meije demeure, cathédrale impassible. Nous coulons dans la vallée comme l’eau de ses glaciers. Les moments partagés sont gravés dans sa pierre.
Il faut savoir se résigner, comme m’a dit Clément : le séjour prend fin.

Récit coécrit de l’expérience vécue par
Clément, Chloé, Christophe, Denis, Didier, Esther & Juliette, Isabelle, Florentin, Franck, Laura & Léa & Juliette, Jean-Joseph, Marie-France, Thomas, Sébastien, Sylvain, Virginie.