Brame du cerf, météo d’hiver

Rubrique: Antenne de la Loire 14 octobre 2020

Chalinargues, 1 100 m d’altitude. Histoire de prendre le frais durant cette canicule d’automne. Ce fut une réussite : 1 degré et neige fondue au programme !

Quant au brame : si tu ne l’as jamais entendu, tu ne peux l’imaginer. Et quand tu l’as entendu, tu ne peux plus jamais l’oublier.

Rendez-vous le vendredi 25, quand on peut/veut.

Ça donne une arrivée échelonnée entre 16h le vendredi et ... 24h plus tard pour les meilleures.

Qu’importe : le ton est donné assez vite chez Josie, la tenancière du bar du village. Puis dans le gîte où chacun sort son pique-nique du panier.

Rosario et Patty accueillent aussi leurs amis de longue date, qui nous annoncent au passage qu’il pleuge ... Forcément, avec si peu de degrés la neige ne pouvait être loin !

Autant vous dire que le premier brame, en soirée, est soigneusement oublié.
Mais 5 courageux se lèveront de grand matin, à l’heure où l’aube, le givre et par endroits la neige blanchissent la campagne.
Les cerfs sont là, ouf !

La météo n’incite pas à la balade mais la quantité de nourriture ... Il faut sortir pour arriver au bout de la montagne.

Fraîcheur, humidité, mains sous les aisselles, jambes sous les capes polaires, bonnets sur le nez ou pas loin : pas de doute, l’automne est (enfin) là.

De loin en loin nous avons des nouvelles de Rose et Juliette : parties à 12h30 de Saint Étienne, en théorie, nous prenons les paris et les rumeurs courent. Vont-elles arriver pour le goûter ? De bonne humeur ? AVEC le goûter ? A l’heure ? Les avis et les fausses infos vont bon train.

Qu’importe ! C’est en bonne compagnie que nous vagabondons au gré des sentiers. Pas de gros dénivelés mais des terrains variés alternant prés, forêts, bitumes et ... demi-tours. Nous terminons cette journée au bord d’un lac, sous la pluie, avec l’arrivée de nos retardataires. Elles kidnappent l’intendante et s’esquivent aussi vite, bravo !

De retour au gîte, les douceurs, la chaleur, les boissons, réchauffent nos cœurs et nos membres.

Nous finissons d’investir les locaux à sommeil, parfois avec un peu de fantaisie.

Le repas voit revenir la joyeuse bande de Rosa et c’est dans les rires, les blagues et les histoires incroyables (celle du Kraken du Canapé est conseillée à tous) que nous savourons le couscous de Patricia. Grand merci à elle !

Ce coup-ci les troupes sont motivées et 4 voitures se dirigent vers les spots à brame. Le premier est peu fructueux : un cerf immobile se laisse observer longuement puis se transforme en buisson, nous confondons le brame du cerf et le brame d’Esther, et Jean-Paul nous impressionne avec sa panoplie optique en vain.

Rosa, devant notre persévérance, finit par nous emmener au bout de la nuit ET ! Là où ils en avaient entendu le matin. Quel hasard ! Ils étaient de nouveau là dites donc ! Pour les néophytes ces cris marquent les esprits : mélange d’ogre sadique, d’ours mal léché et de sanglier fou, il faut dire qu’on comprend sans peine la frayeur de quiconque ne connaît pas et pensait faire une balade nocturne.

Le retour est tardif mais joyeux et l’on se promet d’y retourner à l’aube, histoire d’apercevoir les bêtes, ce coup-ci.

Bien évidemment la nuit est alors très courte pour ceux qui assument l’idée mais qu’à cela ne tienne : quand on a l’occasion d’assister au brame du cerf, qu’importe la fatigue engendrée. Et puis, on est à HCE : les thermos, les doudounes, tarps, couvertures de survie et autres bonnets, on connaît !

C’est donc bien équipés que certains bravent les quelques degrés et la brume matinale pour écouter un concert si particulier et incertain qu’il n’en est que plus magique.

Ce coup-ci, nous nous rendons directement sur place et bien nous en a pris. Selon Rosario, c’est une représentation exceptionnelle qui nous accueille. Plusieurs cerfs brament, certains tous proches. Ils se répondent et se provoquent pour obtenir les faveurs de la dizaine de biches que nous apercevons. Les mâles, bien que moins visibles, se laissent également dévoiler et se déplacent sous nos yeux. L’aube se pointe et avec elle se termine ce récital étonnant.

Nous retournons au gîte ravis et certains ... se recouchent non sans avoir levé les autres avec un brame plus vrai que nature :-D

La rando dominicale s’annonce vraiment pluvieuse et fraîche. Cumulée avec la nuit de quelques heures nous faisons le choix d’être raisonnables : une balade réduite nous mène à une excellente fromagerie accolée à une grande étable. Vaches, salle de traite, veaux nouveaux nés et chats nous accueillent au sec. Les emplettes de chacun durent près d’une heure, les paniers sont de nouveaux remplis !

Un dernier repas partagé puis ce sera le retour dans nos pénates réciproques.

Merci à Rosario et Patricia pour cette belle organisation. Merci surtout d’avoir cru jusqu’au bout que nous aurions le droit de faire ce we. Ces moments sont précieux et le deviennent encore un peu plus en ce moment.

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