Beaufortain – du 17 au 24 août 2019

Un séjour dans le Beaufortain : beaucoup de pluie, beaucoup de soleil, beaucoup de vaches, beaucoup de sensations, beaucoup de Beaufort !...un beau séjour !

Je m’appelle Marguerite, je suis une vache de race Tarine et je pâture tout l’été avec mes copines, Tarines comme moi ou des Abondances dans les alpages au dessus de Beaufort-sur-Doron au niveau du refuge du plan de la Lai. Il se situe à 1 822 m d’altitude entre le lac de Roselend et le Cormet de Roselend. Je vais vous raconter ce que j’ai vu pendant une semaine : un groupe de randonneurs atypiques qui est venu s’installer dans nos alpages à côté de la rivière où je vais boire…

Ces randonneurs arrivent au fur et à mesure samedi après-midi. Il y a d’abord un camion et un animal à quatre pattes en est sorti : un mulet ! Il est beau et costaud… ils l’ont bien chargé certains jours ! Certains l’appellent Mainon, d’autres Léon.

Vers 19 h, tout le groupe est arrivé, ils sont une vingtaine. Certains viennent de loin et ont même pris l’avion ! Chacun se présente en partageant un bon repas préparé par Myriam et Alix. Elles leur ont mijoté de délicieux petits plats toute la semaine.

Jean-Paul, leur guide qui s’adapte à toutes les conditions avec son chapeau remarquable présente le déroulement de la semaine.

Afin de profiter du soleil le dimanche avant l’arrivée annoncée de la pluie les jours suivants, il leur explique qu’ils partent dès le lendemain matin pour un bivouac. Après le dîner, je les ai vus à la nuit tombée aller laver leurs auges dans la rivière, ils l’ont fait toute la semaine… ils sont drôles ces humains !
Au petit matin du dimanche, ils se préparent pour partir en bivouac.

Ils chargent de gros sacs sur leur dos, et plein de sacs sur celui de Mainon… Ils partent avec de drôles d’engins, ils appellent ça des joëlettes. Thierry, Sylvain, Bruno et Sylvie sont dessus. Henri les accompagne en marchant, et il s’occupera aussi de Mainon ! Ils sont entourés par plusieurs accompagnateurs aux joëlettes : Claire, Karine, Meijun, Laurence, Nathalie et Rose venue en renfort le mercredi, Antoine et Antoine, Christophe, François, Gilles, Jean-Claude, Lucas, Olivier et Simon.
Ils partent d’abord par la route puis empruntent un chemin de terre. Je les ai vus s’éloigner dans la montagne en passant à travers les pâturages là où il n’y a plus de chemin.

Ils mettent du temps pour passer, ça grimpe, ils avancent doucement et se relayent pour faire avancer chaque joëlette ! Ce qui s’est passé après, ce sont mes autres copines les vaches qui sont venues me le raconter parce que moi, je ne les voyais plus, ils étaient trop loin…

Après avoir atteint le Cormet de Roselend, ils pique-niquent un peu plus loin au bord d’une rivière qui coule à travers la Combe de la Neuva.

Et puis ils empruntent un sentier bien chaotique. Il y a des pierres partout et ça monte. Ils peinent bien ! Ils se relayent dans les passages difficiles. Après quelques traversées de rivières, ils s’arrêtent en fin de journée sur un replat. Il y a une source pas loin et une vue magnifique sur la vallée. Il parait qu’ils ne sont plus dans le Beaufortain mais en Tarentaise. Ils installent une grande bâche pour dormir dessous en cas de pluie. Mais à quoi bon aller sous la bâche, ils préfèrent admirer les étoiles !

En pleine nuit, à l’arrivée des premières gouttes, ils sont tous réveillés et se rapatrient vite sous la grande bâche, en occupant le moindre espace libre pour se mettre à l’abri de l’orage. Les nuages s’éloignent et ils peuvent se rendormir… avant d’être de nouveau réveillés par un orage au petit matin. Un coup de tonnerre assourdissant sonne le réveil ! Le lever est particulièrement humide : de petites rivières apparaissent par endroit sous la bâche bivouac… Le petit déjeuner est sommaire afin de redescendre dans la vallée le plus vite possible. Après avoir rangé tout le matériel, les voilà repartis empruntant le même chemin que la veille en sens inverse.

Les passages de rivière s’avèrent cependant beaucoup plus aquatiques que la veille avec toute l’eau qui descend de la montagne…
Je les vois arriver au campement aux alentours de midi, et ils se mettent juste à l’abri sous la tente marabout avant une nouvelle averse. Ils fêtent l’anniversaire de Meijun avec gâteau et bougies !

Après le pique-nique et une sieste bien méritée, le soleil revient ce qui permet de faire sécher leurs affaires. Vers 16h, ils reprennent les joëlettes et viennent me voir. C’est l’heure de la traite.

Ils apprennent plein de choses passionnantes sur la vie dans ces montagnes et sur la fabrication du Beaufort. 400 litres de lait sont nécessaires pour fabriquer une meule de Beaufort qui pèse 40 kg. Le lait produit est collecté et amené à la coopérative de Beaufort, matin et soir.
Le lendemain, mardi, il pleut. La nuit fut humide pour beaucoup, notamment dans le marabout… Je les observe descendre dans la vallée en voiture. Ils vont visiter la coopérative de fromage à Beaufort-sur-Doron et bien sûr, déguster ce si bon fromage.

L’après-midi, il pleut encore... Ils vont se réchauffer dans le gîte d’à côté, au Chalet du Berger. Ils passent l’après-midi à jouer au coin du feu avec une boisson chaude : les parties de cartes, de petits cochons, de Perudo s’enchaînent.

Ils dégustent même du Beaufort de 3 ans d’âge conservé dans la cave du gîte… Quel accueil chaleureux !

Le mercredi, ils se réveillent au sec, la pluie s’est enfin arrêtée.

La journée s’annonce ardue avec une bonne montée avant le passage de la crête des Gites pour atteindre le refuge de la Croix du Bonhomme. Je les vois monter au col de la Sauce par la piste puis s’engager sur les crêtes. Certains ne sont pas à l’aise sur ce sentier spectaculaire et aérien… C’est la journée sensations !

Tout le monde passe et le pique-nique au pied du refuge est réconfortant ainsi que la sieste !

L’après-midi s’avère calme au refuge avec douche chaude pour tout le monde et préparation pour le lendemain du cevichocho, salade équatorienne à base de lupins.

La grande question est la suivante : épluche-t-on les lupins ? C’est indispensable pour certains… Mais il y en a tellement… Après un quart d’heure d’efforts et de concentration pour éplucher ces petites graines, Myriam prend la - sage - décision de les mettre telles quelles dans la salade qui fut délicieuse ainsi !

Le lendemain, jeudi, le levé est matinal pour monter à la Tête Nord des Fours, sommet de la semaine à 2 756 m, avant de repasser les crêtes. Jean-Paul annonce une montée plutôt roulante, à 80%... Un passage de dalles impressionnantes est nécessaire pour atteindre le sommet.

Malgré les nuages, la vue est spectaculaire au sommet, situé à 15 km à vol d’oiseau du Mont Blanc.

Ils entament la descente et repassent au refuge pour bâter Mainon avant de repasser les Crêtes. Ouf, c’est fait ! La descente se fait au soleil après un pique-nique mérité. Pour l’ambiance, lors du dîner, Antoine s’occupe de faire un petit feu… avec le crottin de Mainon…
Le vendredi, dernier jour de randonnée, Jean-Paul se lève aux aurores pour affiner ses repérages. Il est de retour pour le petit déjeuner. Aujourd’hui, ils laissent Mainon se reposer. Je les vois effectuer un transfert véhicule pour se rendre au col du Pré, de l’autre côté du lac de Roselend. A la montée, la vue sur le lac de Roselend et le Mont Blanc en arrière plan est magique. Ils partent à l’assaut de nouvelles crêtes qui les mènent à un nouveau sommet, la Roche Pastire... Un petit passage hors sentier, court mais pentu, met un peu de piment dans cette ascension.

Le pique-nique au soleil est fort agréable avant d’attaquer la descente par un sentier ludique. Et puis, après cette très belle randonnée, ils reviennent aux voitures. Il faut replier les joëlettes, regagner le campement et préparer le dîner.
Je les observe bien lors du dernier dîner, ils parlent chacun leur tour pour dire ce qu’ils ont vécu de beau pendant cette semaine. Certains en ont les larmes aux yeux… Ils se régalent une dernière fois avec un tiramisu collectif aux couleurs d’HCE… et partagent un dernier petit verre avant d’aller dormir.

Le samedi matin, ça sent le départ. Ils rangent tout de manière efficace. Mainon monte dans le camion et les voilà repartis chacun dans leur contrée.

J’ai passé une belle semaine avec ce groupe ! Il parait qu’ils vont se recroiser à l’AG ou sur un prochain séjour. Moi, de ma montagne beaufortaise, je n’ai pas trop compris ce que ça voulait dire…

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Haut Verdon du 10 au 17 août 2019

Un séjour en lévitation entre l’eau, la terre, l’air et le feu. De retour dans mes montagnes savoyardes, je me replonge dans la semaine effrénée dont je reviens, au cœur de ces montagnes pelées qui dominent le Val d’Allos aux portes du Mercantour. Des sommets qui, vus d’en bas, ne sont pas vraiment attirants. Et pourtant, une fois engagée sur les sentiers qui y mènent, j’ai été, comme mes 23 compagnes et compagnons de randonnée (Charlot compris), bouche bée devant les beautés qui s’y cachent.


La 1ère journée nous mène du camp de base à Villars-Heyssier jusqu’à Colmars-les-Alpes où nous revenons le soir en camion pour profiter du spectacle de feu de la fête médiévale. Le lendemain, les gorges de St Pierre et son sentier creusé à flanc de falaise au-dessus du vide en font frémir plus d’une.

Pour ce 2ème jour de rando, les qualités techniques et la concentration de tous·tes sont mises à l’épreuve sur ce chemin vertigineux où Charlot a même la chance d’être débâté dans les passages les plus étroits ! La pause de midi nous trouve lézardant sur les pierres au soleil, détendant nos gambettes dans l’eau fraîche du torrent en compagnie de Christiane. Accompagnatrice en montagne et présidente de l’association Mercantour Écotourisme, elle nous a régalé·es de ses explications sur la faune, la flore et la géologie de notre terrain de jeu, malgré les protestations d’Esther !

Le calme avant la tempête. Les éclairs et les coups de tonnerre nous rappellent à la réalité et 3 minutes plus tard, nous sommes trempé·es jusqu’aux os. Heureusement, la nuit est prévue à la cabane de Congerman et nous savons que nous serons bientôt à l’abri. Sauf si ... « Eh Olive, t’as la clé du gîte ? – Bah non, moi je suis juste allé au garage ce matin. – Oh merde ... Olive (l’autre) ! C’est toi qu’a la clé ? – Non ... ça doit être Christiane, elle vient de partir ! – (Il part en courant la rattraper et revient quelques minutes plus tard.) – Elle l’a pas ... Comment on fait ? »

L’avantage d’un séjour avec 2 accompagnateurs, c’est que dans ces moments-là, il y en a un qui peut avoir le plaisir de redescendre les gorges de St Pierre sous une pluie battante jusqu’au camp de base, prendre sa voiture, aller faire la queue à l’Office du Tourisme pour récupérer la clé dudit gîte et se farcir 30 min de piste jusqu’au col le plus proche puis une nouvelle course en sous-bois pour ouvrir la cabane juste à temps pour l’arrivée de la 1ère joëlette.

Pendant ce temps, le reste de l’équipe avance dans un gymkhana en forêt, fait de racines glissantes, épingles serrées, orties et troncs en travers du sentier. L’eau chaude de la douche, le poêle, la table, le canapé et les lits du gîte sont donc les bienvenus le soir venu, permettant aux randonneur·euses une fois au sec, de se livrer à des défis d’équilibristes, de prestidigitation et de troc de haricots.

Le lendemain, le retour au camp de base au hameau du Plan est plus reposant. Un petit passage scabreux avant la baisse (= le col) de l’Orgeas et nous descendons jusqu’à Ondres, joli hameau aux toits de bardeaux et sa place du village enherbée.


L’arrivée précoce au camp de base nous permet de préparer les transferts des jours suivants, de profiter d’une baignade au soleil dans le torrent, de commencer la préparation du repas et surtout de se livrer à des courses de joëlette (il faut croire que nous n’avions pas assez fait d’efforts ce jour-là !).

Nous ne sommes qu’au soir du 3ème jour et pourtant, le repas et la soirée pourraient laisser croire à une observatrice que nous profitons de notre dernière soirée. Cette tablée respire la complicité, la joie d’être là ensemble, de partager autour de ce qui nous rassemble : la montagne, quelques bières, la marche, l’entraide, un bon repas, le dépassement individuel et collectif, les blagues (plus ou moins) grasses, les jeux de cartes et l’accordéon d’Amélie. Ces soirées sont précieuses, car elles nous permettent de découvrir comme nos parcours peuvent parfois se ressembler et se recouper, alors que d’autres sont tellement différents. Finalement, peu importe l’âge, le milieu social, les capacités physiques ou intellectuelles, nous sommes là pour nous rencontrer et une fois de plus, au lieu d’exclure, la diversité nous rassemble.

Quoi de mieux pour conclure ce séjour que 3 jours d’autonomie ?! L’échange « Demain, petitdéj’ à 7h30 avec les sacs prêts ! – Encore ?! » sonne comme un refrain au moment d’aller au lit.

La matinée est loooongue jusqu’au parking de la Fuchière. Quoi de plus monotone qu’une piste en terre en forêt, sans aucune vue, sur de trop longs kms. Ce chemin sans heurts permet tout de même à notre marcheuse non voyante et à notre âne Charlot, malgré ses 70 kg de bâts sur le dos, d’avancer presque à la même vitesse que les joëlettes. Fait rare ! L’arrivée sur le parking qui marque le début du sentier et surtout la pause déjeuner est plus qu’appréciée. Attiré·es par l’eau comme par un aimant, nous découvrons des vasques d’une eau limpide au creux de grandes dalles. Les plus téméraires plongent dans cette eau glaciale qui réveille le cerveau, régénère les muscles mais ne donne pas envie de trop s’y attarder.

Cette pause déjeuner est aussi l’occasion de rencontrer Vincent, vidéaste mandaté par HCE pour nous suivre pendant 24h comme l’an passé autour du Mont Thabor. Cette année, c’est la partie vie quot’ qui l’intéresse : les relations entre participant·e·s, les moments de soin et d’aide à la personne, la préparation du repas, l’installation du bivouac, des toilettes, l’allumage du feu de camp, etc. C’est la partie intime du séjour et aussi notre propre intimité qu’il filme, toujours avec beaucoup de respect. Pour la partie ambiance et apéro, il a loupé la soirée de la veille et le maître-nageur en slibard, mais c’est peut-être tant mieux pour nous !


Ce soir, nous avons droit à la pleine lune qui éclaire comme en plein jour le vallon enchanté que nous dominons et qui réveille le mythe du loup du Mercantour. Quand un cri s’élève dans la nuit, un seul se lève sur le banc en s’exclamant : « C’est grand ! » mais nous le pensons tous·tes un peu. Nous sommes donc un peu déçu·e·s en découvrant qu’il ne s’agissait que d’Olivier qui s’était pris pour un loup-garou.

Au réveil, les duvets sentent le boucané et on se bat pour avoir de la confiture et du pain au petit-déj’. Pour autant, au matin de ce 5ème jour, il est difficile de se dire qu’un tiers de l’équipe n’avait jamais touché de joëlette avant de débarquer dans ce séjour. Chacun·e a trouvé sa place, sait quoi faire, qui aider, où aller, nous avons trouvé notre équilibre.


Nous continuons notre aventure dans ce vallon magique jusqu’à un petit col qui débouche sur un plateau majestueux. Au-delà, un impressionnant défilé plonge vers la vallée suivante. Après la sieste au bord du lac de Lignin et ses linaigrettes, nous posons la bâche bivouac dans un alpage 200m plus haut, au pied d’un troupeau de 2000 moutons, 4 patous et 1 âne dont les adieux avec Charlot sont déchirants. Le vent tombe avec la nuit, la lune encore presque pleine éclaire progressivement les falaises de la montagne du Carton et réveille les loups cachés en nous, aux voix parfois un peu éraillées.

Pour notre dernière journée de marche, la nature nous réveille avec le fabuleux spectacle du jour qui se lève et dessine un liseré rouge derrière les crêtes encore sombres des montagnes. Bivouaquer à 2400m d’altitude, c’est avoir le privilège de ces instants magiques, du silence de la nuit sous la voute étoilée, de se faire réveiller par une lune trop lumineuse, d’entendre (pour de vrai cette fois !) un jappement de loup au loin, de profiter du soleil au petit-déjeuner.

Il nous faut au moins tout ça pour nous lancer dans notre dernière étape après la construction d’un cairn géant pour marquer notre passage. La baisse du Détroit nous fait plonger dans un half-pipe géant, suivi d’une descente dans un bois de mélèze magnifique et d’une dernière montée bien raide. Il ne manque plus qu’un dernier passage délicat, avec dévers et sol glissant au cœur d’un éboulis puis quelques pas d’escalade franchis avec ardeur par nos 4 joëlettes et notre marcheuse non-voyante avant d’attaquer la dernière looongue descente vers Peyresq.

Les pieds et chevilles des marcheur·euses souffrent, les dos et les fesses des passager·e·s joëlette aussi. Les souffrances continues de Paul aux jambes, au cou, au dos, amènent d’ailleurs ses pilotes à réapprendre la joëlette. Chaque secousse étant source de douleur, pas question de descendre à pleine balle. Au contraire, le pilote arrière porte tout sur les bras et on met 2 guides à l’avant pour tenir les brancards qui s’envolent et annoncer chaque petite racine ou pierre qu’ils ne peuvent éviter. Tout est mis en œuvre pour amortir au maximum les chocs et limiter les douleurs de notre ami Paulo.

Ce sont ces détails qui nous rappellent que nous vivons une aventure très spéciale. Comme le dit Didier, les comptes-rendus des séjours HCE paraissent toujours merveilleux. Pourtant les désagréments du quotidien existent. Je ne vous ai pas parlé des innombrables pauses-pipi des passager.e.s, du réchaud à la noix qui met 1h à cuire 20 pauvres saucisses en bivouac, de la rosée du matin qui nous trouve tous·tes humides et gelé·e·s au réveil, des pieds dans la merde, des transferts aux toilettes juste avant le coucher, de la porte du camion qui ne ferme plus, des tensions qui montent parfois ou des accidents de chaise percée. Si c’est le cas, c’est que tous les moments de rires, d’effort, de solidarité, valent bien plus dans nos souvenirs. Il y a tellement de partage et d’humanité qu’on en viendrait même à oublier que nous randonnons avec des personnes qui ne marchent pas, ne voient pas avec leurs yeux ou sont parfois dépendantes des autres pour tous les gestes du quotidien.

Comme à l’accoutumée, au dernier matin, les adieux rendent les yeux humides. Les pleurs de nos passager.e.s et les mots de notre marcheuse non-voyante viennent nous rappeler que pour elleux peut-être encore plus que pour nous, accompagnateur∙trice·s actif·ve·s, cette semaine
en montagne est une belle parenthèse qui peut permettre d’oublier ou de vivre autrement ses différences que d’aucunes appellent handicap. Il est l’heure de se séparer et de poursuivre chacune notre chemin avec en tête des souvenirs inoubliables de ce séjour pétillant et le bonheur saisissant d’appartenir à la grande famille HCE !

Merci Aurélien et Olivier, duo d’accompagnateurs-intendants de choc, pour votre sens de l’improvisation et les petites attentions portées à chacun·e d’entre nous au cœur de ce joyeux bordel !


Merci Paul, Julie, Lionel et Marie-Christine, passager.e.s joëlettes, pour la confiance que vous nous avez accordée sur des sentiers risqués, dans des soins souvent intimes et votre humour à nos vannes pas toujours super drôles ! Merci Anne-Marie, si nous t’avons fait oublier ta canne blanche, c’est que tu nous as vite fait oublier que tu ne voyais que dalle où tu mettais les pieds ! Merci Charlot, fidèle âne, d’avoir porté notre bouffe tout au long du séjour, bourricot par moments mais toujours présent. Merci Esther, Rose, Aurélien, Zoé, Matthieu, Marie-Ange, Louise, Olivier, Baptiste, Louis, Lucile, Amélie, Emilio, Anne-Sophie et Didier pour notre effort partagé dans les brancards et les cordes, les transferts, les soins.

Merci à tous·tes pour vos rires, vos blagues pourries, vos histoires de vie partagées, vos cris de loups, vos chants, votre générosité, votre bonne humeur et votre bienveillance. Et mention spéciale à nos 2 benjamin·e·s, Zoé et Emilio, qui à 16 ans, ont déjà tout compris, du pilotage à la vie de groupe en passant par le contact avec les passager.e.s avec beaucoup de modestie et de simplicité. Lecteur·trice, attend-toi à apprécier leur dévouement, leur énergie et leur douceur pendant encore de nombreuses années sur des séjours HCE. Emilio, dépêche toi de devenir accompagnateur, HCE a besoin de toi ! Amies, nous nous reverrons !


Les mots du séjour par ses participantes. Saurez-vous les retrouver dans le texte ?! Générosité, bonne humeur, humour, entraide, effort, cairn au bivouac, pétillant à tout point de vue, bienveillance à autrui, rencontres, génial, diversité, partage entre générations, nickel, équilibre, vie de groupe, paysages fabuleux, chaise percée, pleine lune, humidité, loup, un séjour en lévitation entre l’eau, la terre, l’air et le feu, 7h30, le loup, humanité, dépassement, générosité, partage, saisissant, pied dans la merde, boucané, une belle parenthèse, grand parleux petit faiseux, bordel, “t’as les clés du gîte, Olive ?!”, accordéon musette, gorges de St Pierre, maitre-nageur, slibard, bivouac, aventure, modestie, simplicité.

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La Matheysine, du 6 au 13 juillet 2019

Encore une belle cuvée ce séjour HCE 2019 au cœur de la Matheysine ! La recette ? Prenez une bande de curieux de la vie de tous âges dont 4 supers passagers joëlettes riches de connaissances, d’humour et de sensations. Ajoutez un Mainon docile et fougueux. Nourrissez-les de bons produits locaux minutieusement choisis et cuisinés avec amour par Pierre-Jean. Guidez le tout par un Jean-Paul expérimenté et calme comme un chêne, enfin, mélangez le tout dans un magnifique paysage !

C’est sous un ciel menaçant que la petite troupe s’est rassemblée petit à petit à la cabane des chasseurs des Signaraux (1200 m) à la Motte d’Aveillans. Chacun prend sa place, les marabouts sont montés, les passagers installés, et les retardataires arrivent… pour l’apéro ! (SNCF oblige…) C’est un confort rustique mais efficace qui nous accueille pour ce début de séjour : cuisine « toute équipée », mais de plein air, douche également de plein air mais à « l’eau courante »… L’orage éclate en soirée, et nous mouille une partie de la nuit. Les éclairs au loin sont magnifiques et viennent piquer la vedette à certains feux d’artifices (mais il pleut à seaux, Claire et Cyril en font d’ailleurs les frais) ... Heureusement marabouts et tentes tiennent le coup, et certains se réfugient dans la cabane où de la place a été faite.



Dimanche matin, c’est avec un ciel plus calme que nous démarrons les choses sérieuses. Démonstration de Joëlettes pour les nouveaux (Carine, Emeric et Théo) et c’est parti pour une grimpette vers l’arboretum de la Combe Noire ! Le col des 13 bises (1410 m) nous accueille ensuite pour le repas de midi avec salade de riz, tomme de Savoie, et chocolat Suisse de Nora – qui n’en mangera pas ! La vue est magnifique sur le Tabor. Nous sommes sur l’Alpage du Senépi où Mainon, désormais installé sur leur territoire, fait fureur au milieu de troupeaux de génisses curieuses.
Histoire de se rajouter un peu de dénivelé, de technique et de sensations, on grimpe sur les sommets alentours du « plateau mouillé » (en patois, « Matheysine ») pour contempler le paysage : sommet du Tabor, aigle de Napoléon, chaîne des Ecrins, La Mure et Le Drac dans la vallée. Nous redescendons par le Sentier de l’arboretum, où nous découvrons le long du chemin une collection d’espèces végétales locales. De retour au campement, place aux parties acharnées de Molkky (avec Quentin en animateur), agrémentées de quelques boissons houblonnées fermentées (délicieusement sélectionnées par Christian et Carine, les Belges de l’étape) pendant que les denrées chantent sous la direction de leur chef d’orchestre Pierre-Jean.






Lundi matin, Sylvain nous attend à la salle hors sac des Signaraux pour nous évoquer avec passion et humour son métier de berger (ou vacher) de l’alpage du Senépi. Chaque année entre Mai et Octobre, il veille sur près de 900 génisses qui paissent en liberté, tout juste contenues par une barrière de près de 40 km de long. Chaque jour il parcourt l’alpage à leur rencontre pour s’assurer qu’elles vont bien, les soigner le cas échéant, et inséminer celles qui doivent l’être. Une rencontre très enrichissante !


Nous entamons ensuite l’ascension du Senépi par la forêt puis sur l’alpage. Nous avons la chance de croiser dans ces divers écosystèmes de très nombreuses fleurs (mauves, œillets, centaurées, gentianes, orpins, chicons, caille-lait, campanules, reine des bois, hélianthèmes, marguerites) … où Emeric a le plaisir de nous en donner leurs appellations. Nous retrouvons enfin Sylvain et sa stagiaire pour pique-niquer à l’ombre de pins, un peu en-dessous du col du Senépi (1520 m). Mainon en profite pour se laisser aller dans la descente finale et galope dans la dernière descente, mais Théo ne le lâche pas, et court à ses côtés grâce à ses bottes de 7 lieux. C’est ensuite, rassasiés de la bonne salade de Pierre-Jean (« Aller, il faut finir ! »), et revigorés par un peu de chocolat que nous finissons l’ascension du Senépi (1769 m), mais comme ça valait le coup de grimper là-haut ! Quelle vue magnifique surplombant les eaux du lac de Monteynard ! Mais chut… Nous en saurons plus vendredi…






Mardi matin, on ne traine pas ! Plier les marabouts, et ranger tout le matériel dans camions et voitures pour opérer le transfert au camping des Cordeliers à Pierre Châtel. Le ciel est menaçant et Jean-Paul réfléchit longtemps sur la meilleure option pour la troupe, écourter la journée ou pas ? En appui des outils technologiques et applications de prédiction de météo, c’est finalement parti, direction la Pierre Percée (1220 m), l’une des 7 merveilles du Dauphiné et, … son très célèbre raidillon ! Joëlette par joëlette, 6 ou 7 par équipage, nous arrivons au sommet où un pique-nique panoramique bien mérité nous régale. Pendant ce temps, Pierre-Jean et Françoise réalisent le transfert et la première installation du matériel au camping, puis partent à la conquête des producteurs locaux (producteurs de fromages, maraîcher…) pour nourrir la bande. Mais pourquoi donc sont-ils tous fermés le mardi ? Qu’à cela ne tienne, Pierre-Jean y retournera ! Et c’est sous une pluie battante que la joyeuse troupe, un peu fatiguée et trempée jusqu’aux os, finit la descente et rejoint le camping. Ouf ! La douche, la vraie, celle qui réchauffe, est la bienvenue, ainsi que le repas chaud revigorant.




Mercredi, démarrage de la randonnée bivouac à St Jean de Vaulx,… un peu retardée par quelques imprévus rencontrés sur la route (rue barrée pour réfection du bitume, passage de roue dans un fossé etc). Direction la montagne du Conest, dans les bois puis les alpages jusqu’au Mont Beauregard (1633 m). Qu’il porte bien son nom, la vue à 360 degrés est magnifique : Le Taillefer, le Dévoluy, l’Obiou, et de l’autre côté toute la chaîne du Vercors… On redescend jusqu’au col du Petit lac (1505 m) pour le bivouac, où nous sommes très (très) longuement accueilli par … le vent ! On installe la nouvelle bâche bivouac façon tente berbère, mais le vent est si fort que l’ingéniosité des uns et des autres est mise à rude épreuve pour qu’elle résiste. On réduit la voilure et ce sont finalement des piliers de type joëlette-brancard qui s’avèrent les plus costauds pour cette grande tente. Le vent souffle toujours : tente berbère, belle étoile ou cabane un peu plus bas sur la piste : où vaut-il mieux dormir ? Les cœurs balancent et la nuit promet d’être courte... D’autant plus courte qu’elle commence par une soirée « feu de bois et chansons » avec la chorale de la troupe qui reprend de grands classiques, et une chorégraphie de Quentin et Pierre-Jean sur le Boogie Woogie d’Eddy Mitchell, qui restera dans les annales d’HCE. Quelle maîtrise ! Et quelle franche partie de rigolade aussi !...











Jeudi matin, nous sommes tous réveillés tôt par le magnifique lever de soleil, le bivouac est vite démonté et le petit-déjeuner englouti. Ça fait du bien d’avoir du thé et du café chauds, la nuit était plutôt fraîche… Il y en a même qui testent les tartines de ratatouille (et oui, faut finir !). On monte encore un peu sur les crêtes de La Peyrouse jusqu’au Grand Lac (qui, comme son nom ne l’indique pas, est plus petit que le Petit Lac…) puis on amorce une descente raide en dévers par les drailles de vaches : c’est technico-ludique comme disent certains ! Mainon quant à lui, plante Carine et Andréa dans la descente et part explorer l’alpage en solitaire. Heureusement Jean-Paul et Quentin le rattrapent. Ouf ! Mais que le décor est grandiose, beau, époustouflant … Fini les drailles, nous rejoignons enfin un vrai sentier, puis une piste dans les bois jusqu’à Majeuil, puis la Motte d’Aveillans. Nous finissons la journée par la visite du musée de La Mine Image. Ne le répétez pas, mais quelques-uns d’entre nous piquaient du nez dans la salle de projection... Heureusement, la visite commentée du musée et d’une ancienne galerie de mine de charbon est captivante et dynamique, ce qui nous a bien réveillé. Ce soir-là, vous l’avez deviné, pas de karaoké, tout le monde est vanné !








La journée de Vendredi est spéciale (Jean-Paul nous a offert une belle dernière !), et commence par un transfert auto jusqu’à Mayres-Savel. C’est là que nous prenons le bateau « La Mira », qui traverse les magnifiques eaux bleues lagon du lac de Monteynard, jusqu’à Treffort. De la joëlette sur l’eau : une nouveauté pour un certain nombre de nos passagers ! Arrivés à bon port, on retrouve la terre ferme pour suivre le chemin des passerelles… C’est un circuit de 13 km avec un dénivelé de 400 m, où nous découvrons deux vertigineuses passerelles himalayennes, de 180 et 220 m de long et de 80 à 145 m de hauteur, l’une sur le Drac, l’autre sur l’Ebron. Le paysage est magnifique, et selon les convois de joëlettes, les passerelles sont parcourues à la course pour les adeptes de sensations fortes (Brigitte, Octave et Quentin) ou bien plus lentement pour les autres (et surtout ne pas regarder dessous, brrr…). De belles montées et de belles descentes pour ce chemin dans les bois, agrémentées des sifflements de Cyril (enfin un peu moins dans les montées, à vrai dire…), de devinettes de Nora et de chansons.








Et c’est déjà la dernière soirée de ce séjour que nous partageons. Le traditionnel et émouvant tour de table conclut pour chacun un séjour plein de richesses, et qui a permis des rencontres incongrues mais profondes où discussions, jeux et chansons partagées abolissaient nos différences. Un bien bel équilibre d’équipe !
Bravo à Brigitte, Delphine, Charles, Florent, Odile, Claire, Clotilde, Andréa, Octave, Christian, Carine, Cyril, Emeric, Nora, Quentin, Théo, Françoise, Joel, Jean-Paul et Pierre-Jean.
Quelques « chifoumi évolution » (merci Nora, avec « super-dino » Pierre-Jean) et quelques combats de « bèèèè » (merci Cyril, le bèèè-en-chef) ont égayé la fin de cette dernière soirée de beaux fous rires !
La troupe de la semaine se sépare samedi matin vers 10h, en se promettant bien de se retrouver lors de l’AG ou de sorties locales.

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Massif du Thabor du 03 au 10 août 2019

Samedi en fin d’après-midi, les véhicules arrivent les uns après les autres par la piste jusqu’au Lavoir, lieu de notre RDV au-dessus de la station Valfréjus. Nous commençons à faire connaissance en préparant le repas, avant le traditionnel tour de table de début de semaine. Ce séjour est le premier pour 5 d’entre nous : 4 accompagnateurs, et l’une des passagères joëlette.

Après une rapide présentation du programme de la semaine par Aurélien, nous installons les couchages pour la nuit, dans le foin pour le confort, ou en extérieur pour profiter de la « nuit des étoiles ».


Dimanche, nous retrouvons le dernier membre de notre équipage arrivé dans la soirée de la veille et nous partons pour 3 jours, avec une nuit en refuge suivie d’un bivouac. Pour les nouveaux, l’heure est à l’apprentissage du maniement de la joëlette. A la fin de cette première journée nous offrant déjà une superbe vue sur les reliefs alentours, nous arrivons au refuge du Thabor.

Après une dernière montée plutôt rude, nous accédons au lac voisin. Les plus courageux s’offrent une traversée à la nage tandis que d’autres trempent simplement les pieds dans l’eau pour se rafraichir !
Après une bière et une partie de pétanque, nous préparons le repas du soir et le pique-nique du lendemain, avant une nuit marquée par la chaleur des dortoirs !

Lundi, nous partons en direction du Col des Méandres à 2700m, au pied du Mont Thabor, où est prévu notre bivouac. Le parcours est ce jour-là assez technique, ou technico-ludique selon les points de vue, avec de nombreux pierriers à traverser notamment. Après le pique-nique au bord d’un nouveau lac, nous atteignons le col dans l’après-midi.

Nous pouvons commencer à installer le bivouac, remplir les gourdes à une source proche et profiter du torrent pour la toilette. Le soir, une soupe très appréciée nous réchauffe, puis nous nous laissons bercer par les mélodies jouées au fifre par notre musicien Guillaume, dans un décor splendide

Mardi, le jour se lève sous la pluie, nous nous organisons donc pour prendre le petit déjeuner sous la bâche de bivouac, en abritant au passage une randonneuse que l’on espère voir en recrue HCE l’année prochaine !
Une fois la pluie passée, nous entamons la descente vers la Vallée Etroite qui nous offre une fois encore un panorama grandiose ! Nous profitons de la pause pique-nique en bord de rivière pour faire sécher les duvets et autres vêtements ayant pris l’humidité le matin.

En milieu d’après-midi nous arrivons sur le lieu de notre camping sauvage, où le camion nous rejoint après une crevaison sur la piste. La rivière nous offre de belles baignades entre les parties de jeux de société. La soirée se termine autour d’un feu, avec des airs de fifre, quelques danses et des chamallows !

Encore un matin pluvieux ce Mercredi, où une journée tranquille nous attend avec une ballade dans la Vallée Etroite. Par un sentier assez roulant nous arrivons à notre lieu de pique-nique, en même temps que la pluie qui fait son retour. Au moment de reprendre notre chemin, Mainon de mauvaise humeur, laisse une jolie trace sur la jambe d’Alice qui emprunte les béquilles d’une passagère joëlette pour terminer la journée ! Nous passons dans l’après-midi au lac Vert où seuls les plus téméraires se jettent à l’eau avant de rejoindre notre campement au bord de la rivière ;

Jeudi nous remontons au refuge du Thabor par un autre chemin qui nous permet d’admirer de nombreuses marmottes mais aussi de découvrir un bunker pendant notre pause repas. Une fois arrivés, comme lors de notre première venue, le programme est à la baignade, à la pétanque et aux jeux de société.

Après le repas pris cette fois au refuge, quelques airs de guitare et de nouveaux jeux, la nuit nous offre un concert de ronflements avec pas moins de 5 tonalités différentes repérées (certains finissent même la nuit dans le salon du refuge pour y échapper…) !

Déjà la dernière journée de joëlette arrive Vendredi, avec un parcours roulant pour revenir jusqu’à notre point de départ au Lavoir. Nous faisons la dernière montée tous ensemble, les passagères joëlettes montent à pieds, Nicolas en profite donc pour tester la place passager, avec Benjamin notre Handi marchant au pilotage

Après cette journée ensoleillée, une bonne partie du groupe va faire le plein de Beaufort et de Tomme à la fromagerie juste au-dessus de nous.
A la fin du repas, nous faisons un nouveau tour de table où chacun peut exprimer son ressenti, le partage et la solidarité en ressortent avec l’envie de faire rayonner ces valeurs autour de nous. Ensuite, après un atelier de composition de chanson, la soirée se poursuit en danses autour du feu, sous des airs de fifre à nouveau, et d’accordéon !

Certains profitent d’une dernière nuit à la belle étoile et d’autres retrouvent le confort du foin à l’abri des bâtiments anciens.

Samedi matin, les horaires de train nous pressant un peu, nous nous levons tôt à nouveau pour ranger notre campement et prendre le temps des au-revoirs. Petit à petit, chacun reprend la route après s’être promis de se retrouver à l’AG, emportant des souvenirs (notamment sous forme d’hématomes) et des sourires…

Il ne reste qu’à remercier chaque membre du groupe pour cette belle semaine et particulièrement Lydie notre intendante et Aurélien notre guide !

Voici en bonus la chanson que nous avons composée et dont vous saurez facilement retrouver l’air :

Les copains Thabor
1/ Non ce n’étaient pas des bateaux,
Ces joëlettes toutes en couleurs
Tirées devant, guidées derrière
Oui guidées derrière.
Pour les montées et les pierriers,
On ne rechigne pas sur l’effort,
Émerveillés par le décor,
Les copains Thabor !

2/ Mais oui c’était bien son sabot
Et même parfois ses chicots
Qui nous ont tatoué la peau
Sacré bourricot !
Heureus’ment à peine arrivés,
Un grand banquet nous attendait
Lydie nous remettait sur pied,
Plus qu’à digérer !

3/ Les sentiers technico-ludiques
Caillouteux et parfois épiques
Ont fait de nous une folle équipe,
Oui une folle équipe !
Avec un guide qui mine de rien
Malgré une bande de bons à rien
Nous a menés sur l’bon chemin
Merci Aurélien !

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Queyras-Caramantran du 03 au 10 août 2019

Le Pic du Caramantran c’est un retour aux sources : amitiés, espiègleries, entraide, passion de la montagne, baignade en eau glacée... mais aussi, pas de douche, des bivouacs éphémères, des montées qui vous font, dixit Michou « découvrir des alvéoles des poumons qui n’avaient encore jamais servies ! »

Retrouvailles au bout du monde dénommé Ceillac le samedi soir. Le covoiturage étant trop banal, certains préféreront arriver en stop à 21h ou en navette non-adaptée ! Après un apéro bien agrémenté de spécialités liquides ou solides de nos différentes contrées, tour de table des présentations à la frontale ! Une équipe de caractère - autant que les bières qui l’arrose - un beau mélange d’ados, trentenaires et retraités ; vieux habitués d’HCE et nouveaux. Bravo Simone ! Seul bémol, on a 2 Michel, 3 Monique, 2 Marius et 2 Max ! Et comme si ça ne suffisait pas, une 2ième Audrey à partir du jeudi !

La première journée de chauffe dans la vallée de Ceillac est ponctuée d’une immense cascade, d’une vue magnifique depuis les balcons de Ceillac en plein festival de cerf-volant, de cairns artistiques. L’itinéraire est tronqué, l’équipe s’avère moins robuste que prévue ! Arrivée au lieu de bivouac, apéro festif au bord du torrent et baignades à tire-larigot. Les deux Marius - cadets de l’équipe de 13 et 14 ans - sortent les cannes à pêches, Monica - notre chère et bien aimée élégante intendante - explore le ciel étoilé à l’aide d’une application high-tech. Nuit à la belle pour tout le monde. Froide mais sans nuage et surtout sans une goutte de rosée ! Le pied !








Lundi : Stéphane, notre accompagnateur, très sceptique sur les capacités physiques de l’équipe, avait annoncé la couleur la veille…. Il va falloir qu’on s’accroche si on veut le passer, ce col du Fromage. Effectivement, on en bave. Malgré tous nos efforts de drague et de prosélytisme HCEéen, on ne parvient pas à recruter du renfort. Mais rien ne nous arrête ! On réussit notre ascension, nous voici au col, tous fiers, heureux et bien lessivés. L’équipe se soude. C’est l’heure de s’envoyer la salade "FOU-Z’Y-TOUT" de Monique (spécialiste du sucré-salé) puis une sieste sur crottin de mouton. Descente longue et roulante vers Saint-Véran en traversant des troupeaux paisibles de vaches et des forêts de Mélèzes. Sarah fait une petite chute, Monique et Michou se relaient pour lui donner la main. Les débutants sont définitivement bien initiés ! Apéros, blagues graveleuses et "gnole" stéphanoise nous donnerons-t-ils des ailes pour le lendemain ?










Mardi : notre bivouac est sur le passage d’un pèlerinage pour un saint local. La procession de la saint Simon. Les toilettes du matin ne sont pas très intimes ce jour-là ! Au programme, longue montée sur piste vers le refuge de la Blanche. Charlot a senti le coup venir : il s’est enfuit au moment du battage ! On longe le torrent une bonne partie de la journée. Le chemin finit en longue bavante dans les alpages. Les virages sont toujours critiques à passer, conseils et encouragements vont de bon train au sein des équipes de jojos. Arrivée au Lac de la Blanche, certains tentent une baignade en culotte. La réservation du refuge ayant foirée, on se contentera d’un dîner DELICIEUX bien arrosé sur la terrasse du refuge puis d’une nuit sous la bâche avec un magnifique ciel sans lune. Pendant le dîner, Daniel nous fait une frayeur : sa sonde coule rouge… Des saignements d’urine ? Mince, qu’est-ce qu’on fait ? On appelle les secours ? Branle-bas de combat autour de la table ! Hihihiii (d’autres se marrent discrètement) et Timothée finit par avouer, heureusement, c’est une belle vanne : un fond de cubi caché dans le bas du pantalon... ! Et vous, vous êtes plutôt vin blanc ou vin rouge ?! Bref, après avoir bien ri, tout le monde a dormi sur ses 2 oreilles.







Mercredi : On attaque le col de Chamoussière le matin bonne heure car de la pluie est prévue en début d’après-midi. Faux départ pour Daniel… le pneu de sa joëlette est à plat ! Montée courte mais technique. Pique-nique en 15min au col à 2800m dans un début de crachin horizontal qui nous glace le museau. Pas de fromage, pas de chocolat et même pas le temps d’admirer le Mont Viso - qui nous nargue - et le Pain de Sucre à moitié dans les nuages. Attaque en vitesse de la terrible descente technique, glissante et déversante. Oulala, le schiste, ça glisse ! On arrive au refuge Agnel, plein à craquer de randonneurs, vers 15h. On nous offre l’hospitalité dans la salle hors sac en attendant le camion qui arrivera à 18h. Les douches peu adaptées s’avèrent être un traquenard pour les passagers et ont bien faillit venir à bout des forces de notre équipe de choc ! Bière, jeu de cartes, papotage avec les marcheurs du coin, nous aident à faire passer l’attente. Eureka ! Les super Moniques arrivent avec le camion rempli de denrées ! Nous avons maintenant guère d’autre choix que de monter la tente en plein vent sur un parking en terre battue un peu au dessus du refuge. La vue sublime, la soupe à l’oignon, l’accordéon et les bons vins (on a des spécialistes à bord) vainquent le froid et la fatigue !







Jeudi : long décollage sur ce charmant bord de route, on attaque le col de à 11h. On l’avale aisément, l’équipe est maintenant bien échauffée. Arrivée au pied du pain de Sucre, une vue sublime se dégage sur le Mont Viso, des plans inclinés de schistes, un lac, des alpages truffés de mouton. Certains versent une larme d’émotion. La beauté nous secoue presque autant que la fraicheur de l’eau du lac ! Mais elle ne nous coupe pas l’appétit, on déjeune à 12h ! Descente technique dans laquelle nous perdrons Sarah et Siméon, que nous retrouverons avec le sourire au bord du lac suivant. Audrey, la compagne de Stéphane, nous rejoins et apporte son énergie (et aussi des M&M’s !) à notre équipe de choc qui commence à fatiguer. Arrivée sur un spot de bivouac dont seul Brad Pitt peut égaler la beauté. Prairie paisible, petite ruine, paysage abrupte et sauvage à 360°C. Certains démarrent le feu pendant que d’autres partent chercher les provisions à 1H de marche plus bas. Ca papote, ça piaille, les Marius, Timothée et Michou s’asticotent ; Fanny et Yann se comprennent et papotent. Soirée grillades et chamallow, belle étoile au bord du feu. Pincez-moi, je rêve.








Vendredi : p’tit déj de luxe : pain grillé, œuf, banane, fromage : grand déstockage ! Photo de groupe devant le Mont Viso avant de reprendre la route sur une descente un peu technique, beaucoup d’aide des marcheurs (toujours aussi touchant de voir quelqu’un jeter son sac pour se précipiter sur la joëlette !) Moment d’absurdité en croisant une messe en plein air, au moment d’un chant. Pique-nique et baignade au bord du torrent avant d’arriver en grande pompe au camping de Ristolas ou l’on croise par hasard Emilio et sa famille, qui s’apprête à partir sur le séjour dans le Haut Verdon. L’occasion pour Michou de transmettre ses meilleures techniques de dragues de camping aux Marius. Le début d’une longue carrière pour eux ?! En tout cas, ils sont déjà au point sur la brouette !!!





Anecdotes :
Lentilles, pois cassés et randonnée font bons ménages, la marche est bien ponctuée de percussion !
Martine sourit et rigole en continue, c’est l’air de la montagne ou les blagues de Michou ?!
Siméon fait rigoureusement la bise matin & soir, et nous félicite personnellement à l’arrivée de chaque passage difficile. Comment ne pas se sentir soudés dans une telle ambiance fraternelle !?
"Vite un homme fort ! Maaaax ?!"
"L’accssent du sut d’Efelineu !"

Les citations "pour vous c’est quoi le résumé de la semaine ?" :
Michou : "Martine, je t’ai pas beaucoup tiré, mais..."
Anne : "Je préfère la cancoillotte au Nutella"
Martine : "Super heureuse que Flore ai voulu refaire un séjour avec moi sans la forcer, et d’avoir connu et revue d’autres personnes. "
Bernard : "Il y a longtemps que j’avais pas pleuré et Daniel l’a fait. Du coup j’adore. Super soirée, super semaine, bisous.
Max : " Belles émotions, bennes rencontres, beaux paysages".
Maxime : "On réfait un séjour ou on...?! "
Daniel : "Beauté, efficacité, bonne humeur !"
Flore : " Rien ne se perd, tout se transporte."
Fanny : " Echange, délire, défit, affection, sourire, beauté du paysage"
Monique : "Je partage ma passion de la montagne"
Eveline : "Belles retrouvailles avec Yann, Daniel, Monique... qui m’ont donné du courage" !
Sarah : "très bonne ambiance"
Timothée : "Quelle est la différence entre un rappeur et un randonneur ? Le randonneur monte ta tente quand le rappeur nique ta mère."
Marius jeune : "J’aime bien la numéro 9 !".
Monica : "La cohésion et l’amitié se renforcent dans la difficulté !"
Monique : "Etonnée de la relation et l’attention avec les personnes handicapées. Belle découverte."
Audrey : "Nanard passe-nous l’pinard ! "Bon… restons concentrés !"
Siméon : "Chui bien monté. Bâton de rando. Sac à dos".
Marius moins jeune : "Les torrents resterons toujours froids !"

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